Les frontaliers : indispensables au Luxembourg

Pour la Chambre de commerce luxembourgeoise, les frontaliers "ne font pas tapisserie mais sont des acteurs essentiels de la vie socio-économique au Luxembourg".

L'ancien président de l'ASTI, Serge Kollwelter, a récemment publié sur son blog, une note de la Chambre de commerce, concernant l'importance d'intégrer les frontaliers dans la société luxembourgeoise.

Dans cette publication, Actualité & Tendances datée de mars 2012, la Chambre de commerce explique que le Grand-Duché est le pays d'Europe dans lequel le phénomène du travail frontalier a pris le plus d'ampleur. Les frontaliers représentent ainsi plus de 40% de l'emploi intérieur au Luxembourg et la question de leur contribution à la vie socio-économique du pays commence à se poser.

En effet, le Grand-Duché serait incapable d'accueillir tous les frontaliers s'ils décidaient de s'installer au Luxembourg. Les infrastructures de logement, d'éducation ou les structures familiales ne seraient en effet pas suffisantes et "une prise de résidence de l'ensemble des frontaliers sur le territoire luxembourgeois ferait gonfler la population résidente de plus d'un tiers ".

Pourtant, le Luxembourg a besoin des frontaliers pour son économie et d'après les projections du Statec, leur nombre va encore augmenter dans les années futures (685.000 travailleurs frontaliers d'ici 2060).

Le phénomène frontaliers : une condition essentielle de la prospérité du Grand-Duché

Or, la présence des frontaliers a forcément un impact sur le territoire luxembourgeois, ne serait-ce qu'au niveau des infrastructures de transport. C'est pourquoi, la Chambre rappelle que le phénomène frontalier constitue un enjeu majeur de politique publique et de développement durable pour le Grand-Duché.

Actuellement, selon la Chambre, les pouvoirs publics accordent encore un intérêt trop limité au phénomène des frontaliers, ce qui peut s'expliquer par le fait que "les frontaliers de leur côté, ne sont guère structurés en tant que groupe social homogène".

A part au sein des syndicats ou auprès de la Chambre des Salariés, il existe peu de véritable association de frontaliers active au Luxembourg, qui pourrait être l'interlocuteur du gouvernement et des pouvoirs publics. "Cette situation semble regrettable dans la mesure où les frontaliers ne sont pas un facteur exogène du développement du Grand-Duché, mais une condition essentielle de la prospérité du Grand-Duché et du financement de son modèle social" explique la Chambre de Commerce.

Il faut favoriser l'implication des frontaliers dans la société luxembourgeoise

Dans sa publication, la Chambre de Commerce affirme  qu'il faut encourager le gouvernement à favoriser l'implication des frontaliers dans la société luxembourgeoise. Elle propose ainsi plusieurs pistes de réflexions :

- la mise en place d'un Commissariat aux Frontaliers qui s'occuperait spécifiquement des problèmes rencontrés par les frontaliers ;
- l'instauration d'une association ou d'un groupement de frontaliers qui pourrait être l'interlocuteur du Commissariat aux Frontaliers et du Gouvernement pour des questions sur lesquelles les frontaliers pourraient avoir un impact direct ;
- la mise en place d’un dialogue constructif et une participation effective des frontaliers à la société luxembourgeoise visant à stimuler et à encourager l’attachement des frontaliers vis-à-vis du Grand-Duché ;
- et le lancement de consultations portant sur les thèmes qui concernent directement les frontaliers (infrastructures de transport, démarches administratives, environnement, etc.).

Pour la Chambre, "le développement futur du Grand-Duché est trop dépendant de la contribution économique et sociale des frontaliers pour continuer à ignorer l’ampleur de ce phénomène. Les frontaliers ne font pas tapisserie mais sont des acteurs essentiels de la vie socio-économique au Luxembourg".

Blog de l'ancien président de l'ASTI, Serge Kollwelter.
Actualité & Tendances de la Chambre du Commerce, pages 139 et 140.