La finance, l'arme économique du Luxembourg

Avec pas moins de 32 milliards d'euros de services financiers exportés en 2010, la finance est devenue en quelques décénnies le secteur moteur du Luxembourg selon une étude du Statec.

L'économie luxembourgeoise "inversée"
Alors que la crise sidérurgique et l'essor du secteur bancaire ont provoqué un "chambardement profond" de la structure de production du Luxembourg, le Statec s'est penché dans sa dernière étude sur les mutations structurelles des exportations de biens et services entre 1960 et 2010.

L'institut statistique note ainsi qu'au cours des dernières décennies, la structure des exportations de biens et de services du Luxembourg a fortement changé. Si pour la plupart des pays, les échanges économiques restent largement dominés par le commerce extérieur de biens (80% du total des échanges mondiaux de biens et services), la situation du Luxembourg est selon le Statec "bien différente" et "totalement inversée par rapport à celle du monde ou de l'Europe".

Au Grand-Duché, ce sont les exportations de services qui représentent plus des quatre cinquièmes du total et les exportations de biens ne couvrent qu'un quart. Rien de surprenant pour une économie très ouverte...

La finance règne en maître sur les exportations
Le Statec pointe ainsi le recul du secteur sidérurgique dans les exportations. Alors qu’en 1974 les métaux couvraient 70% des exportations de biens, la situation est aujourd’hui totalement inversée. Sur l’ensemble de la première décennie de ce millénaire les autres produits exportés ont en moyenne représenté quelque 70%, contre 30% pour les métaux.

Depuis le déclin de la sidérurgie luxembourgeoise, le secteur des services a en effet connu un essor fulgurant. Le Statec note que "cette profonde mutation trouve son origine dans l’essor du secteur financier". Avec la réorientation des activités de la place financière vers la gestion des fonds d’investissement, ce sont les services financiers qui ont pris une part toujours croissante à partir du milieu des années 1990.

L'institut précise que "même si le secteur financier occupe aujourd’hui une position que d’aucuns qualifient de +trop+ dominante dans l’économie luxembourgeoise, il convient de ne pas perdre de vue que ce secteur s’est largement diversifié lui-même".

Ainsi, au fil des années, les services financiers sont indéniablement devenus le principal groupe de produit (32 milliards euros en 2010) devant les services aux entreprises (6.1 milliards) et les métaux (3.2 milliards).