Après cinq jours de combats dans le sud du Caucase, le bilan est lourd. Le conflit a fait plus de 2.000 morts, d’innombrables blessés et au moins 100.000 réfugiés. La Russie et la Géorgie ont signé un cessez-le-feu, négocié par l’actuel président de l’Union européenne, Nicolas Sarkozy, en concertation avec ses partenaires des autres pays membres de l’UE.
A l’issue de la réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne, le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jean Asselborn, a évoqué avec lesfrontaliers.lu la suite des délibérations et les résultats de la réunion.
| {images=./images/divers/edito/asselborn1.jpg|./images/divers/edito/asselborn2.jpg|./images/divers/edito/asselborn3.jpg|./images/divers/edito/asselborn4.jpg} | « Au cours de notre réunion extraordinaire de ce jour, nous nous sommes volontairement abstenus de rendre qui que ce soit responsable du conflit », a indiqué Jean Asselborn. C’est en cela que la position de l’Union européenne se différencie de celle adoptée par les pays riverains des pays belligérants et par les Etats-Unis, qui ont clairement pris position pour l’une ou l’autre partie. Certains pays membres de l’Union européenne, de leur côté, n’ont pas caché leur attitude critique vis-à-vis de Moscou. « Pour les ministres européens réunis à Bruxelles, il s’agissait prioritairement de voir comment aider les populations dans les zones touchées par le conflit », a déclaré M. Asselborn. En plus des aides financières directes - l’Allemagne et la France se sont engagés à verser un million d’euros et le Luxembourg 100.000 euros - les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne comptent sur la médiation, qui a porté ses fruits ces dernières heures, selon le ministre luxembourgeois. |
« Nous ne devons pas penser qu’avec le cessez-le-feu qui vient d’être conclu, le conflit soit réglé. On peut s’attendre à d’autres échauffourées et confrontations », précise le ministre des Affaires étrangères. « Le cessez-le-feu est fragile, comme on l’a vu ces dernières heures. Il importe donc de le faire respecter. »
Le ministre luxembourgeois explique d'ailleurs qu'à côté du rôle de médiateur, « on espère aussi pouvoir envoyer un groupe d’observateurs dans la région du conflit ». Et également contribuer à la mise en place de structures de sécurité publique fiables, notamment au niveau de l’organisation de la police. Lors de cette réunion, les ministres ont aussi évoqué « l’envoi éventuel de troupes dûment mandatées, chargées du maintien de la paix. Toutefois ceci n’est pas réalisable sans mandat explicité des Nations unies. »
A la question concernant l’impact de la plainte de la Géorgie contre la Russie devant le Tribunal international de La Haye pour le déplacement des populations entre 1993 et 2008, M. Asselborn émet des réserves. En effet, il estime prudent d’éviter que des incriminations fassent obstacle à d’éventuelles solutions au conflit. Avec les autres ministres des Affaires étrangères européens, il fera tout pour éviter une polarisation du conflit. « Les raisons du conflit dans le sud du Caucase ne remontent en effet pas seulement aux développements de l’ère post-soviétique au cours des deux dernières décades, mais datent même d’avant la création de l’ex-Union soviétique. » conclu-t-il dans son entretien avec lesfrontaliers.lu.
Photographies : Thierry Raizer - texte : Harald Ritter.