Edito : Rubrique : Frontalier de A à Z
A l’école de la deuxième chance… transfrontalière
L’école de la deuxième chance, une formation transfrontalière, basée à Longwy, tournée vers Arlon et le marché luxembourgeois.
Edito du 18/02/2010 | Lectures 3292
L’expérience, en soi, existait. Elle a passé la frontière comme on franchit un cap. Depuis septembre dernier, 22 élèves, entre 16 et 25 ans, fréquentent l’école de la deuxième chance. Une formation transfrontalière, basée à Longwy, tournée vers Arlon et le marché luxembourgeois.
L’idée a déjà fait son chemin et même ses preuves. Les écoles « de la deuxième chance » s’attèlent à remettre sur les rails des jeunes qui sont tombés du train de la formation classique. En France, la Région lorraine a donné de sérieux coups de kick pour démarrer ce processus. Elle en est à sa neuvième E2C (école de la deuxième chance) sur ces trois dernières années, en suivant les pistes de mise en réseau proposées par l’Europe. Il s’agit d’apporter du concret à des jeunes, beaucoup trop nombreux, qui sortent du cursus scolaire sans en avoir cueilli les fruits, qui ne connaissent que la spirale de l’échec.
La 9e E2C fait office de « première en Europe ». Car elle est transfrontalière, sous l’égide d’un projet Interreg. Elle intéresse d’ailleurs des observateurs catalans ou polonais, qui sont venus prendre bonne note des pratiques à Longwy. Cela se passe à la Maison de la Formation, sur le versant français du Pôle européen. Là où s’était posté il y a quelques années le Collège européen de Technologie, qui caressait cette vocation bien avant l’heure… Ici, l’école de la deuxième chance rassemble depuis septembre 22 jeunes, Belges et Français. Elle va monter en puissance, doubler les effectifs dès l’an prochain. L’initiative pilotée par la Région lorraine et les Chambres de Commerce et d’Industrie, est suivie par le Forem et la division Economie de la Province du Luxembourg belge.
Que fait-on dans cette école ?
Des cours, des formations, des projets de développement personnel. On y parle de mobilité, de formation adaptée, de maintien de droits, de reprise en main pour aller vers l’emploi là où on en demande… Dans cette optique, les entreprises jouent le jeu et certaines acceptent ces « apprentis » en formation sur le terrain. Dans cette approche, aussi, l’accès au bassin d’emploi luxembourgeois est, évidemment, mis en exergue, notamment via l’apprentissage de notions de langue luxembourgeoise. « Je suis un peu nostalgique de l’époque du Collège européen de Technologie », observe André-Marie Goffin, responsable provincial du Forem. « Au même endroit, nous avions déjà, jusqu’en 2005, un organe de formation dans une logique transfrontalière, à l’image de cette région. Mais nous avions trois piliers qui se parlaient en direct. »
Une passerelle vers Luxembourg
Car il en manque un, ici. Le Grand-Duché, après avoir marqué de l’intérêt au départ de l’initiative, n’a pas souhaité rester dans les partenaires de cette E2C transfrontalière. « Mais il y a un projet d’E2C au Luxembourg », précise Jean-Paul Guilianelli, responsable de l’école transfrontalière de Longwy, « une initiative avec laquelle nous établirons sûrement des passerelles ». Des ponts qui enjambent les frontières comme les barrières dressées dans la vie de jeunes candidats à l’emploi : c’est bien le but de cette institution collégiale. « Evidemment », poursuit le partenaire belge. « Nous sommes présents dans le cadre d’un programme Interreg qui, on peut le dire, ne coûte pas grand-chose côté belge, alors que l’ensemble pèse environ 3 millions EUR, avec une bonne moitié prise par l’Europe. Il est logique que l’on fasse, ici, une école de la deuxième chance dans un format transfrontalier. Nous avons dix jeunes. Il y en aura d’autres. Les temps de formation sont prévus à la Maison de la formation à Longwy et des regroupements sont prévus à Arlon. »
Le Forem, comme les Greta en France par exemple, appuie aussi ses missions locales. « Depuis 2007, nous avons mission d’accompagner les jeunes, en priorité les moins qualifiés. Et cette politique porte déjà ses fruits. Nous avons un taux d’insertion de 68 %, un taux d’accès à l’emploi ou à la formation de 91 %. Malheureusement, des jeunes, faiblement qualifiés ou qui ont connu un décrochage scolaire, passent à travers les mailles du filet. Avec cette école de la deuxième chance, c’est une opportunité supplémentaire. »
Alain Ducat
L’idée a déjà fait son chemin et même ses preuves. Les écoles « de la deuxième chance » s’attèlent à remettre sur les rails des jeunes qui sont tombés du train de la formation classique. En France, la Région lorraine a donné de sérieux coups de kick pour démarrer ce processus. Elle en est à sa neuvième E2C (école de la deuxième chance) sur ces trois dernières années, en suivant les pistes de mise en réseau proposées par l’Europe. Il s’agit d’apporter du concret à des jeunes, beaucoup trop nombreux, qui sortent du cursus scolaire sans en avoir cueilli les fruits, qui ne connaissent que la spirale de l’échec.
La 9e E2C fait office de « première en Europe ». Car elle est transfrontalière, sous l’égide d’un projet Interreg. Elle intéresse d’ailleurs des observateurs catalans ou polonais, qui sont venus prendre bonne note des pratiques à Longwy. Cela se passe à la Maison de la Formation, sur le versant français du Pôle européen. Là où s’était posté il y a quelques années le Collège européen de Technologie, qui caressait cette vocation bien avant l’heure… Ici, l’école de la deuxième chance rassemble depuis septembre 22 jeunes, Belges et Français. Elle va monter en puissance, doubler les effectifs dès l’an prochain. L’initiative pilotée par la Région lorraine et les Chambres de Commerce et d’Industrie, est suivie par le Forem et la division Economie de la Province du Luxembourg belge.
Que fait-on dans cette école ?
Des cours, des formations, des projets de développement personnel. On y parle de mobilité, de formation adaptée, de maintien de droits, de reprise en main pour aller vers l’emploi là où on en demande… Dans cette optique, les entreprises jouent le jeu et certaines acceptent ces « apprentis » en formation sur le terrain. Dans cette approche, aussi, l’accès au bassin d’emploi luxembourgeois est, évidemment, mis en exergue, notamment via l’apprentissage de notions de langue luxembourgeoise. « Je suis un peu nostalgique de l’époque du Collège européen de Technologie », observe André-Marie Goffin, responsable provincial du Forem. « Au même endroit, nous avions déjà, jusqu’en 2005, un organe de formation dans une logique transfrontalière, à l’image de cette région. Mais nous avions trois piliers qui se parlaient en direct. »
Une passerelle vers Luxembourg
Car il en manque un, ici. Le Grand-Duché, après avoir marqué de l’intérêt au départ de l’initiative, n’a pas souhaité rester dans les partenaires de cette E2C transfrontalière. « Mais il y a un projet d’E2C au Luxembourg », précise Jean-Paul Guilianelli, responsable de l’école transfrontalière de Longwy, « une initiative avec laquelle nous établirons sûrement des passerelles ». Des ponts qui enjambent les frontières comme les barrières dressées dans la vie de jeunes candidats à l’emploi : c’est bien le but de cette institution collégiale. « Evidemment », poursuit le partenaire belge. « Nous sommes présents dans le cadre d’un programme Interreg qui, on peut le dire, ne coûte pas grand-chose côté belge, alors que l’ensemble pèse environ 3 millions EUR, avec une bonne moitié prise par l’Europe. Il est logique que l’on fasse, ici, une école de la deuxième chance dans un format transfrontalier. Nous avons dix jeunes. Il y en aura d’autres. Les temps de formation sont prévus à la Maison de la formation à Longwy et des regroupements sont prévus à Arlon. »
Le Forem, comme les Greta en France par exemple, appuie aussi ses missions locales. « Depuis 2007, nous avons mission d’accompagner les jeunes, en priorité les moins qualifiés. Et cette politique porte déjà ses fruits. Nous avons un taux d’insertion de 68 %, un taux d’accès à l’emploi ou à la formation de 91 %. Malheureusement, des jeunes, faiblement qualifiés ou qui ont connu un décrochage scolaire, passent à travers les mailles du filet. Avec cette école de la deuxième chance, c’est une opportunité supplémentaire. »
Alain Ducat
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Modèle luxembourgeois
L’école de la 2e chance pourrait ouvrir ses portes, si tout va bien, à la prochaine rentrée, au Luxembourg. Elle fera partie intégrante du système scolaire public. Elle pourrait accueillir jusqu'à 350 jeunes. L’an passé, en présentant le projet, la ministre Mady Delvaux avait souligné : « Nous ne pouvons tolérer que, chaque année, quelque 300 jeunes décrochent de notre système scolaire et se trouvent menacés de marginalisation. C'est pourquoi le gouvernement luxembourgeois a préféré, contrairement à d'autres pays, trouver une réponse aux besoins spécifiques de ces jeunes en intégrant l'offre pédagogique de la 2e chance dans l'offre scolaire existante ». Les apprenants susceptibles de rejoindre cette E2C seront sélectionnés par la direction de l'établissement en concertation avec l'Action locale pour jeunes, le directeur du lycée d'origine ou, le cas échéant, le Centre National de la Formation Professionnelle Continue. Le concept pédagogique repose sur un contrat-projet individuel, un parcours de formation individualisé (qui ne peut excéder deux ans), un apprentissage en alternance, avec la collaboration d’entreprises, un accompagnement personnalisé et une évaluation constante. A noter aussi, dans le projet pédagogique global, l’importance accordée à l’implication des parents, à leur information, à leur accueil, à leur représentation dans le conseil d’éducation. Et, le cas échéant et s’ils le souhaitent, à leur formation continue aussi : des cours de langues pourront ainsi être organisés à leur intention… |
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(Article publié dans le numéro 39 d'Entreprises Magazine, janvier-février 2010.) |
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