Alors que le secteur de l'interim a été le premier touché pendant la crise, aujourd'hui, il se remet doucement sur pied et affichait même une hausse de 18% en 2010.
Cela dit, la mise en application du règlement européen 883/2004 portant sur la coordination des systèmes de sécurité sociale, pose problème aux entreprises de travail intérimaire, notamment au niveau du détachement frontalier.
82% d'intérimaires frontaliers
Selon Fabrice Poncé, président de l'ULEDI (l'Union luxembourgeoise des entreprises de travail intérimaire), 82% des intérimaires sont frontaliers et majoritairement français. D'ailleurs, certains d'entre eux effectuent des missions dans leur pays d'origine sous contrat luxembourgeois.
Or, avec le la nouvelle réglementation, ces frontaliers "risquent une désaffiliation auprès de la sécurité sociale luxembourgeoise, pour se voir affilier dès le premier jour de leur mission auprès de la sécurité sociale de leur résidence".
Cela pose un problème aux entreprises intérimaires qui s'estiment "lésées" par ce nouveau règlement puisque "l'ancien règlement permettait d'être affilié à la sécurité sociale luxembourgeoise où le taux de cotisation de la part employeur est d'environ 14%, alors qu'en France, selon l'exemple, il frôle les 30%".
Un nouveau règlement qui comporte des zones d'ombre
Selon M. Poncé, les organismes concernés "ont du mal à maîtriser certains paramètres de ce nouveau règlement qui comporte des zones d'ombre et ne savent pas comment le rendre opérationnel".
Pour le directeur de l'ULEDI, "cette expectative ne permet pas la mise à disposition d'intérimaires dans leur pays de résidence (hors du Luxembourg) dans les conditions optimales".
L'ULEDI attend donc aujourd'hui des organismes sociaux, la démarche à suivre, le mode d'emploi pour appliquer ce règlement, qui devrait être en vigueur depuis mai 2010.