Salves d'éternuements, yeux larmoyants, nez qui démange et qui coule : les allergiques aux pollens n'ont pas besoin de calendrier ni de bulletin météo pour comprendre que le printemps arrive, mais les manifestations allergiques semblent cette année particulièrement précoces.
En cause, les pollens d'arbre, dont la saison démarre, le plus souvent discrètement, dès la fin janvier.
Le Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA) a alerté dans son dernier bulletin sur "un risque allergique très élevé" dû aux pollens de cyprès, sur le pourtour méditerranéen. Mais les médecins du réseau ont aussi signalé, "de façon très particulière, cette année", "une symptomatologie élevée en Ile-de-France, Centre et Pays de Loire".
Un "glissement" dans la précocité des manifestations allergiques confirmé par les allergologues parisiens interrogés par l'AFP, qui font face, "depuis les premiers rayons de soleil", à un net surcroît de demandes.
"Quand j'ai commencé il y a 30 ans, jamais je n'avais d'allergies aux pollens en janvier-février. Les rhumes des foins, c'était mai-juin, ce n'était jamais si tôt", témoigne le Dr Madeleine Epstein.
"En 1968, les allergies respiratoires concernaient 3,8% de la population, aujourd'hui on est à 30%", renchérit le Dr Sophie Silcret-Grieu.
Les spécialistes constatent aussi de plus en plus d'allergies croisées, comme l'allergie au pollen de bouleau et à la pomme.
Les symptômes allergiques favorisés par les modifications du mode de vie
Changement climatique, pollution, modifications des modes de vie et de l'environnement -on trouve aujourd'hui des oliviers en région parisienne, par exemple- sont autant de facteurs qui s'additionnent pour favoriser les symptômes allergiques.
"Les pollens d'arbres en général sont des allergènes très agressifs. Les gens qui y sont sensibles sont extrêmement gênés. Parfois c'est de courte durée, mais ça peut être extrêmement violent", indique le Dr Silcret-Grieu.
"En plus de leur pouvoir allergisant, les pollens ont un pouvoir directement irritant sur les muqueuses", ajoute-t-elle.
S'il est difficile de rester enfermer chez soi, surtout à l'arrivée des beaux jours, les allergologues donnent quelques petits trucs pour s'en protéger.
Que faire en cas d'allergie ?
"Les pollens s'agrippant dans les cheveux, les cils et les sourcils, il faut idéalement prendre une douche ou au moins se brosser les cheveux et se rincer le visage en rentrant chez soi pour ne pas déposer le pollen sur son oreiller et continuer le contact toute la nuit", conseille le Dr Silcret-Grieu.
On peut aussi les éliminer avec des lavages de nez et des yeux au sérum physiologique, et éviter d'aérer la maison en pleine journée.
Surtout, insistent les médecins, il faut consulter. "Rhinites et conjonctivites altèrent considérablement la qualité de vie, ce n'est pas la peine que les gens souffrent pour rien", martèle le Dr Epstein, précisant qu'il existe une gamme suffisante de traitements pour soulager dans la plupart des cas. La désensibilisation permet d'enrayer efficacement l'évolution de l'allergie.
Le RNSA (www.pollens.fr) met pour sa part à la disposition des allergiques des informations actualisées sur les émissions de pollens (risques par ville et par allergène).
Outre le cyprès en Méditerranée, l'aulne "est en pleine saison, le frêne et le peuplier commencent", précise Charlotte Simdt, technicienne en aérobiologie au RNSA. En attendant les graminées et les herbacées... Source:AFP.