Certes, les travailleurs frontaliers représentent une part considérable du marché du travail luxembourgeois (157.545 frontaliers pour 233.899 résidents en octobre 2011) depuis de longues années, pourtant ils ne sont toujours pas assimilés par de nombreux résidents.
Si, selon la dernière enquête sur "l'intégration au Luxembourg [...] et les stéréotypes sur les frontaliers" du Centre d'étude et de formation interculturelles et sociales (CEFIS) réalisée auprès de 1.006 résidents, 84% d'entre eux considèrent que l'économie luxembourgeoise dépend des frontaliers, ils sont néanmoins 59% à juger qu'ils envahissent le pays.
Parmi les autres idées reçues courantes sur les frontaliers, il ressort de l'étude du CEFIS que 75% des résidents estiment qu'ils profitent du Grand-Duché, 73% qu'ils ne font pas l'effort de parler luxembourgeois, 70% qu'ils ne montrent pas d'intérêt pour le pays, 33% qu'ils leur volent leur travail et 30% qu'ils représentent une menace pour l'identité luxembourgeoise.
Tous les frontaliers ne sont pas logés à la même enseigne
A la lecture de ces chiffres, il semble que pour un tiers des résidents, les frontaliers ne sont pas les bienvenus au Luxembourg. Pourtant, selon la frontière qu'ils traversent pour venir travailler, ils ne représentent pas la même menace aux yeux des résidents.
Ainsi, les frontaliers qu'ils craignent le plus sont ceux qui ont un faible niveau d'études, qui sont jeunes, Portugais, peu ou pas qualifiés et touchant de faibles salaires, de même que les femmes. A l'inverse, ils acceptent plus les frontaliers allemands, belges et français, ceux qui ont fait des études supérieures, qui occupent des postes indépendants ou de cadres, qui sont plus âgés et touchent des revenus élevés et les hommes.
Malgré ces stéréotypes à la vie dure, 89% des résidents font confiance à leurs voisins (Belges, Français et Allemands) et 81% aux Portugais, la guerre froide est donc loin d'être déclarée.