Une perte de plus de 1.000 euros pour les salariés
Une fois de plus, l'index défraie la chronique et déchaine les passions au Grand-Duché... Après l'échec de la tripartite de 2010 et l'implosion de celle de 2011, le modèle social luxembourgeois a bien du mal à s'exercer dans le calme. L'Union des entreprises luxembourgeoises (UEL) s'en est même pris aux frontaliers, qu'elle a, à demi-mot, accusé de tuer l'index.
Face à la désertion des syndicats, le Premier ministre a donc du trancher seul : il n'y aura qu'un index par an jusqu'en 2014. Le projet de loi déposé reporte la tranche indiciaire qui aurait du intervenir en mars 2012 au mois d’octobre et fixe un écart minimal de 12 mois entre deux tranches pour les trois années à venir.
Dans un même élan, l'OGBL, le LCGB, la CGFP, l'ALEBA, la FGFC, la FNCTTFEL et Syprolux, c'est à dire tous les syndicats du Luxembourg, se sont unis face à ce qu'ils considèrent comme "la fin de l’indexation automatique des salaires, traitements et pensions".
Rien que la modulation prévue dans le projet de loi n°6378 amènerait selon eux "des pertes de salaires allant au total jusqu’à plus de 60% d’un salaire mensuel en fonction de l’évolution de l’inflation". Ils estiment ainsi que pour un salaire mensuel de 2000 euros, cela peut représenter une perte sur trois ans de plus de 1.200 euros.
Une amorce de la suppression de l'index?
Notant que cette modulation provoquera déjà au-delà de 2014 un retard définitif de l'indexation sur l'inflation (en plus de celui qui existe déjà en raison des modulations antérieures, les syndicats jugent que le projet risque d’engendrer l’annulation définitive d’une tranche indiciaire complète.
Ils rejettent donc fermement ce projet de loi qui "dépasse donc de loin l’objectif lui assigné par le gouvernement d’une mesure anti-crise, mais constitue en vérité une réforme structurelle menant à une dévalorisation définitive des salaires et des pensions, c’est-à-dire du pouvoir d’achat".
Les syndicats appellent donc tous les députés, représentants du peuple, à voter contre ce projet de loi le 26 janvier prochain. Ils espèrent d'ici là pouvoir les rencontrer afin de leur présenter leurs arguments contre ce projet qui "met en péril la paix sociale" du Luxembourg.