Dimanche soir, de nombreux français ont suivi la prestation télévisée de Nicolas Sarkozy sur TF1, France 2, LCI, BFMTV, iTélé et LCP.
"Je suis là en tant que chef de l'Etat pour rendre des comptes aux Français", a-t-il précisé d'emblée. S'il s'est refusé à entrer officiellement dans la course, il a clairement fait un pas de plus vers sa candidature, qu'il envisage d'annoncer en mars. "J'ai un rendez-vous avec les Français, je ne me déroberai pas", a-t-il dit.
Il a ainsi annoncé plusieurs réformes d'urgence en se concentrant sur la bataille contre le chômage, qui a atteint son plus haut niveau depuis douze ans, et la nécessité d'améliorer la compétitivité des entreprises.
Hausse de la TVA, de la CSG, création d'une banque de l'industrie, relèvement des droits à construire sur les habitations, dopage de l'apprentissage, taxe sur les transactions financières, etc.
Sans surprise, le président a annoncé à partir du 1er octobre une hausse du seul taux normal de TVA de 1,6 point, qui passera de 19,6% à 21,2%, les taux réduits n'étant pas affectés. La CSG sur les revenus financiers sera relevée de deux points. Ces deux mesures doivent compenser une baisse de 13 milliards d'euros des charges patronales.
Le président français a aussi abordé la question de l'industrie. Pour lui, "la France se vide de son sang industriel, il faut arrêter ça (...) je veux qu'on garde nos usines", a-t-il plaidé en s'appuyant à plusieurs reprises sur l'exemple allemand des réformes menées en 2003-2004.
Il a aussi annoncé la création, dès février, "d'une banque de l'industrie", qui sera dotée d'1 milliard d'euros de fonds propres, car, a-t-il justifié, les entreprises "de taille intermédiaire qui sont le coeur de l'économie n'ont pas assez de crédit".
Pour faire face à la crise du logement, Nicolas Sarkozy a promis le relèvement de 30% des droits à construire sur les habitations, ainsi que de "libérer" des terrains publics.
Pour doper l'apprentissage, il a promis de doubler les sanctions visant les entreprises de plus de 250 salariés qui n'ont pas "au moins 5% de jeunes en alternance".
Pour préserver l'emploi, il a demandé aux partenaires sociaux d'entamer des négociations pour permettre aux entreprises d'adopter "dans les deux mois" des accords de flexibilité pour leur permettre de "décider de privilégier l'emploi sur le salaire ou le salaire sur l'emploi".
Autre promesse, Nicolas Sarkozy a confirmé que la France adopterait "au mois d'août de cette année" une taxe sur les transactions financières de 0,1%.