Le travail intérimaire a payé un lourd tribut pendant la crise ...
Le Statec relève qu'au coeur de la crise (2008 à 2009) quelques 2000 emplois intérimaires ont disparu, soit un quart de l'ensemble des effectifs intérimaires. En d'autres termes, en seulement un an, l'emploi intérimaire a réduit à néant 5 années de croissance soutenue et amputé l'emploi salarié de 0,6 points de pourcentage de croissance.
Cette situation s'explique par le fait que les employeurs se sont d'abord séparés de leurs intérimaires lorsque la situation s'est dégradée, plutôt que de licencier sèchement du personnel.
Et les frontaliers intérimaires tout particulièrement
D'après le Statec, les frontaliers et plus particulièrement les frontaliers français sont très représentés dans le travail intérimaire. Ce sont donc eux qui ont le plus souffert pendant la crise. Le Statec a en effet remarqué que la baisse du travail intérimaire en 2009, a amputé l'évolution de l'emploi frontalier de 1,7 point de pourcentage, alors que la perte pour l'emploi salarié résident n'a été que de 0,3 point de pourcentage.
Ainsi, si l'on considère l'emploi frontalier, hors travail intérimaire, on constate qu'il a connu une hausse plus importante en 2009 (+2,7%), que l'emploi salarié résident (+1,6%), ce qui n'est pas le cas pour l'emploi salarié total : +1% pour les frontaliers et +1,3% pour les résidents.
On peut donc expliquer le ralentissement de l'emploi frontalier pendant cette période, par la forte baisse de l'emploi intérimaire pendant la crise.
Le niveau de l'emploi intérimaire n'a pas retrouvé son niveau d'avant la crise
Fin 2009, l'activité a doucement repris au Luxembourg, pourtant, malgré un rebond en 2010, l'emploi intérimaire n'a pas renoué avec les niveaux atteints avant la crise. Ainsi, depuis le début de l'année 2010, ce dernier recule à nouveau, ce qui est lié à la nouvelle dégradation conjoncturelle.
| L'industrie et la construction particulièrement touchés D'après les relevés du Statec, les travailleurs intérimaires sont essentiellement concentrés dans la branche de l'industrie et dans celle de la construction. Elles représentent à elles seules plus de la moitié des emplois intérimaires. 10% de ces travailleurs sont dans le secteur de la finance et du service aux entreprises et 15% sont rattachés aux autres activités de services, comme la santé et l'action sociale, les services collectifs, sociaux et personnels, l'administration publique ou encore les activités extraterritoriales. |
Source : Regards sur le travail intérimaire