Jeudi soir, lors d’une assemblée générale, rassemblant près de 800 travailleurs, les syndicats ont décidé un blocage des bureaux de la direction d'ArcelorMittal pour lundi, dès 8 h.
Une action qui en appellera certainement d’autres tant la tension est palpable. Si les responsables ArcelorMittal tentent d’apaiser la situation en précisant que la suspension de la filière liquide n’est que temporaire, les syndicats sont nettement plus sceptiques. Les fermetures successives à Liège et à Madrid ne les confortent pas vraiment dans leurs visions positives de l’avenir du site de Florange.
D’ailleurs, l’intersyndicale invite les travailleurs belges et luxembourgeois à venir les rejoindre, le 29 février à Metz, lors de la journée européenne de la Métallurgie. Une journée destinée à mettre la pression sur le numéro un mondial de l’acier.
"Florange pourrait rapidement devenir le pire cauchemar du gouvernement"
Et si ArcelorMittal est dans le collimateur des syndicats, l’attitude du gouvernement est également pointée du doigt. Les délégués invitent le Président Sarkozy "à mettre à genoux le père Mittal". Une demande ferme sous peine de grosses pressions jusqu’au second tour des élections présidentielles. "Florange pourrait rapidement devenir le pire cauchemar du gouvernement", a souligné Edouard Martin, membre CFDT du comité central d’entreprise.
Les syndicats ne cachent pas leurs intentions de revenir à un climat de lutte comme ce fut le cas dans les années 80 afin de sauver l’emploi des 5.000 travailleurs –dont 3.000 CDI- présents sur le site Mosellan.
L’action de ce lundi pourrait donc être un bel indicateur pour juger du degré de réactivité des différents acteurs présents au cœur de ce dossier bouillant.