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Détente

Cauchemar à l’hôtel : faillite de Thomas Cook

Bastien Lamborelle, frontalier belge, sommé de quitter son hôtel immédiatement. Il raconte ses vacances en Turquie et la colère de l'hôtelier...

Publié par Chrystelle Thévenot le 01/10/2019 | 7.145 vues

Bastien Lamborelle et sa compagne devant l"hôtel Marmaris en Turquie.

Bastien Lamborelle, 29 ans, originaire d’Arlon en Belgique, travaille au Luxembourg comme chauffeur-livreur depuis six ans pour la société Interoute à Foetz. Souhaitant partir hors-saison, il s’est offert avec sa compagne Jennifer Schmitt, onze jours en hôtel 5 * en Turquie pour un montant de 1.400 euros. Pour être certain de la qualité des prestations de services, il est passé par l’agence de voyage Neckermann, filiale belge du Groupe Thomas Cook : « Jusque là, tout allait bien » soupire-t-il.

Il a dû quitter les lieux manu militari

Arrivé sur place le 15 septembre 2019, le jeune homme a pu profiter d’une semaine de farniente sous le soleil avant que ses vacances ne soient émaillées par l’annonce de la faillite, le 23 septembre, du Groupe Thomas Cook. « Ca s’est sérieusement gâté dès le 24 septembre » confirme-t-il.

Suite à la nouvelle, le directeur de l’hôtel a décidé de bloquer les chambres des 30 voyageurs belges ayant réservé leur séjour avec le Tour Opérateur, les sommant manu militari, de quitter les lieux en deux heures. « Pas de vêtements, pas de papiers, pas d’argent, ce fut le début du cauchemar » avoue-t-il sans ambages.

Comment se sortir d’une telle situation à 3.000 km de son pays ?

C’est un mail du service public fédéral des Affaires étrangères belge qui a délivré les touristes de leur calvaire : « Le Ministère s’est engagé à payer la totalité des montants des séjours à l’hôtelier afin que celui-ci nous laisse rentrer chez nous » note-t-il.

Pour ceci, il a du puiser dans le fonds d’aide aux voyageurs. « J’avais installé un QG au sein de la réception de l’hôtel afin de pouvoir recevoir les appels téléphoniques de l’Ambassade et Consulat de Belgique en Turquie, du Ministère Belge, le centre de crise et accessoirement mon contact à l’agence Neckerman ». Bastien Lamborelle, de nature plutôt discrète, s’est découvert des talents de négociateur. « Trop de personnes comptaient sur moi. Pas le choix ».

 

Une trentaine de belges pris en otage dans l’hôtel

Médiateur et porte-parole, 7 heures au téléphone

Mais ce qui l’a plus marqué, c’est la rapidité avec laquelle il s’est retrouvé aux commandes d’un navire composé de trente compatriotes désenchantés : « Je me suis improvisé médiateur mais je n’ai pas l’habitude de gérer des conflits, ni d’être d’ailleurs un porte-parole. »

Bastien Lamborelle se souvient être resté plus de sept heures au téléphone, dans la journée du mardi 24 septembre, afin de dénouer une affaire rocambolesque. « Je me suis senti heureux lorsque le mail de l’État belge est arrivé. Le soulagement, vraiment. Nous pouvions continuer notre séjour confiant ou pour d’autres, rentrer chez eux » se souvient-il.

Cauchemar à l’hôtel

Le directeur de l’hôtel en Turquie, est resté en colère.  « Les trois derniers jours de mon séjour ont été désastreux. L’hôtel a stratégiquement diminué nos prestations. Les repas n’étaient plus copieux et les toboggans de la piscine n’étaient plus alimentés par de l’eau. Une prison dorée, en somme ! »

De retour en Belgique, le 27 septembre, Bastien Lamborelle s’est rendu directement à l’agence de voyage Neckermann, afin d’avoir des explications.

Déterminé, le jeune homme a tenté de comprendre pourquoi l’agence les avait abandonnés. Mais les portes sont restées définitivement closes. « J’aurais eu de la patience jusqu’au bout ... »

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