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France-Belgique : à chacun sa gueule de bois

Chaque camp peut légitimement croire en ses chances dans cette demi-finale de Mondial inédite.

La terre a tremblé vendredi sur les coups de 22h au Plat pays. L’activité sismique relevée par l’Observatoire royal de Bruxelles a été quatre fois supérieur à ce qu’elle est généralement un banal vendredi soir à la même heure.

Scènes de liesse, véritable féria au centre-ville et au cimetière d’Ixelles, un quartier festif de la capitale, l’appel de Thomas Meunier à se mettre « une bonne purge » n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd.

Depuis, la latéral des Diables comme tous ses coéquipiers et ses futurs adversaires doit trouver le temps long avant la confrontation que les deux pays espéraient, même secrètement.

 

Copains comme cochons

Côté pelouse, difficile de trouver un seul joueur belge qui n’ait côtoyé ou ne côtoie toujours en club un homologue français et inversement : l’amitié Pogba-Lukaku, coéquipiers de Fellaini à Manchester United, la solide défense des Spurs de Tottenham incarnée par leur capitaine Hugo Lloris, la charnière Alderweireld-Verthongen, et complétée par l’abattage de Dembelé dans le milieu, le génie Hazard qui encense son récupérateur Kanté et s’est rapidement dégôté une complicité avec son remiseur Giroud à Chelsea, les stoppeurs barcelonais Umtiti et Vermaelen qui subissent les accélérations meurtrières de Dembélé à l’entraînement... Pour ne citer que ces exemples-là.

Quand on dispose, de part et d’autre, d’un tel vivier de talent, normal que les forces vives se retrouvent à défendre les couleurs des plus grands clubs de la planète. Ballon au pied, l’entente est évidente. Les bons joueurs n’ont généralement pas de mal à se comprendre, leurs pieds et leur sens du jeu s’en chargent.

L’admiration est réciproque. En témoigne, les louanges que s’adressent les protagonistes depuis vendredi. Hazard, capitaine et fer de lance de la folle attaque des Diables Rouges, se rappelle autant de ses années au Losc, qui l’ont vu éclore, que de son soutien aux Bleus depuis la victoire en 1998.

Le Mondial des premières

Intrinsèquement parlant, les deux formations n’ont peut-être jamais présenté pareil potentiel. La génération dorée des Diables, poussée par 11 millions de Belges qui ne font qu’un, se dit, légitimement, qu’il est de temps de rentrer dans le cercle très restreint des vainqueurs de Coupe du monde (8).

La France, portée par ses cadres et ses joyaux en devenir – avec une moyenne d’âge de 26 ans, elle est la deuxième nation la plus jeune du Mondial russe, tout en étant la plus chère, et la sélection tricolore la plus précoce depuis…1998 – n’est pas loin de faire le même constat et rêve de coudre une seconde étoile au-dessus du coq. 

Et puisque cette 21ème édition consume les nerfs et les finances des pronostiqueurs, bien malin celui capable de prophétiser avec certitude le score final ou même le vainqueur d’une rencontre qui a tout pour s’apparenter à un set de tennis : des Belges bâtis pour attaquer et des Français parés pour exploser en contre, la fougue face à la maitrise… Mais encore une fois…

La compétition est aussi celle des premières : la Russie n’avait jamais atteint les quarts, l’Allemagne n’avait jamais quitté le navire au stade des poules, la France n’avait jamais remporté une confrontation contre l’Argentine en coupe du Monde.

La Belgique n’a pour l’heure jamais fait tomber son voisin dans un Mondial, comme elle n’avait jamais renvoyé le Brésil à la maison et n’a jamais soulevé le trophée. Un France-Belgique pour une demi-finale de Coupe du monde, c’est aussi un inédit. Au jeu des premières, un partout balle au centre.

Gueule de bois mercredi

Nul ne sert d’épiloguer pendant des heures sur un rendez-vous qui va faire transpirer les deux voisins et les chambreurs du boulot pendant au moins une heure et demie. Il y en a un autre qui doit sérieusement commencer à goutter du front : le groupe d’électroménager belge, Krëfel, qui s’est engagé à rembourser les téléviseurs de plus de 55 pouces achetés par ses clients entre le 26 avril et le 17 juin si les Diables Rouges inscrivent plus de 15 buts.

Au vu de leur force de frappe, de leurs quatorze buts marqués à deux rencontres du terme, l’opération est en passe de faire 3.000 heureux. Reste à en connaître la date, qui elle, fera assurément des millions de malheureux dans un camp ou dans l’autre.

En somme, un rude mercredi matin au bureau en perspective pour deux gueules de bois de nature bien différente. 

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