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Emploi

70 % des futurs frontaliers arriveraient de France

Un rapport, aussi intéressant qu’inquiétant de l’Agape, donne quelques perspectives concernant l’impact de la dynamique frontalière sur l’économie future du Luxembourg. La décrue démographique des voisins pourrait avoir des conséquences significatives sur le pays.

Publié par Romain S. le 04/06/2018 | 5.837 vues

Le vieillissement de la population allemande entraîne dans son sillage un abaissement du nombre de personnes en âge de travailler.
Le vieillissement de la population allemande entraîne dans son sillage un abaissement du nombre de personnes en âge de travailler.

Qui sait ? Peut-être le Grand-Duché du proche avenir ne sera plus celui d’hier et d’aujourd’hui. Tout laisse à penser que de grands bouleversements sont en cours, à en croire la dernière note de l’Agence d’Urbanisme et de Développement Durable de Lorraine Nord (Agape).

L’évolution démographique de la main d’œuvre frontalière, dont le pays est ultra dépendant, pourrait impacter significativement l’économie luxembourgeoise d’ici 2035. Autant dire demain.

Autant de travailleurs en moins en Rhénanie que d’habitants au Luxembourg

L’Agape s’est en effet livrée à une interprétation des estimations démographiques des pays de la Grande Région. L’Allemagne, ce n’est pas une nouveauté, emprunte toujours la pente descendante en ce qui concerne son taux de natalité.

Rien ne présage à un renversement de vapeur dans le futur immédiat. Le vieillissement de la population allemande entraîne dans son sillage un abaissement du nombre de personnes en âge de travailler.

Si bien que l’actuel territoire moteur de la Grande Région, la Rhénanie-Palatinat, enregistrera une baisse de sa population totale de 152.800 habitants et de 485.400 travailleurs potentiels.

Pour rendre compte de l’ampleur du chiffre, il correspond à presque la totalité des citoyens luxembourgeois. La Wallonie deviendra alors l’entité territoriale la plus peuplée de la Grande Région.

Le constat est tout aussi inquiétant en ce qui concerne l’autre fournisseur de main d’œuvre allemand, la Sarre. -115.000 individus susceptibles d’exercer un métier d’ici 2035 soit une baisse de 23,6 % par rapport à 2014.

Croissance positive mais non suffisante au Luxembourg

Sur le territoire national, le solde restera nettement positif. Le Grand-Duché devrait compter 675 300 habitants dans 17 ans soit 56.200 personnes en âge de travailler supplémentaires.

Heureusement, certes, mais loin d’être suffisant pour suivre le rythme de la croissance de l’emploi puisqu’entre 110.000 et 178.000 postes devraient être crées sur la période étudiée.

L’espoir, ou plutôt l’équilibre entre l’offre et la demande, reposera plus que jamais sur le vivier des voisins.

La Wallonie devrait bénéficier de 33.500 bras de plus, pas un chiffre super réjouissant même s’il demeure positif. La seule ex-Lorraine, en revanche, verra, sa réserve en main d’œuvre fondre de 155.400 personnes soit 10 % de moins qu’en 2014. A l’échelle du Grand Est, la baisse équivaut à 207.000 personnes soit « seulement » 5,8 %.

70 % des futurs frontaliers seraient français

En somme, c’est bien à la France que le Luxembourg fera les yeux doux pour subvenir à ses besoins en effectifs. Les contingents allemands et belges sont respectivement amenés à diminuer et à se stabiliser.

Sur les 72.000 à 132.000 frontaliers supplémentaires attendus d’ici 2035, 70 % arriverait de l’Hexagone, portant la contribution française au pays à 150.000 salariés. Les bassins de population les plus pourvoyeurs seraient alors répartis comme suit :

  • Les travailleurs du secteur de Thionville constitueraient 12 % de la hausse des frontaliers français ;
  • Ceux du secteur de Metz y contribueraient pour 11 % ;
  • Ceux du secteur de Longwy à hauteur de 10 % ;
  • Les nouveaux arrivants Arlonais représenteraient quant à eux 14 % des nouveaux effectifs belges.

Tout le défi du Grand-Duché sera alors de continuer à séduire le réservoir de ses trois voisins et en particulier celui de la France. Compte tenu du « papy-boom » à l’œuvre, l’Allemagne devra elle aussi venir piocher sur l’autre berge de la Moselle.

Si la place est vouée à un rayonnement croissant, sa capacité d’attractivité passera inévitablement par une amélioration des conditions de mobilité. Et les aménagements devront être mis en œuvre et opérationnels rapidement puisque, encore une fois, 2035 c’est demain.

Pour consulter le rapport détaillé et complet.

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Commentaires Réagir à cet article

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ninclud
158 messages
Il y'a 7 mois

Ça n'avance déjà plus à Thionville, je n'ose même pas imaginer quand il y aura le double de personnes sur la route et le rail... Fuyez pauvres fous!

xanazorfa
1523 messages
Il y'a 7 mois

et de l'autre cote aussi venant de Longwy, galere gros bouchons, super il faudrat partir plus tot le matin pour les Francais

ninclud
158 messages
Il y'a 7 mois

Ou mieux, prendre le train. Bientôt il faudra 0partir si tôt pour éviter les bouchons qu'il vaudra mieux dormir au bureau

Wicked
142 messages
Il y'a 6 mois

je vais ouvrir un magasin de motos je crois ...

Francais du Lux
123 messages
Il y'a 6 mois

Ouvrez plutôt des dortoirs.

mikylux
188 messages
Il y'a 6 mois

Non 2035, ce n'est pas demain mais dans 37 ans!

De l'eau aura coulé sous les ponts et les prévisions à cette échéance permettent qu'on puisse douter de leur précision! Il est donc bien trop tôt pour réagir avec empressement, sans évaluer les autres évolutions qui risquent dans bien des domaines de changer la donne ni respecter l'avis des générations qui feront face à cette époque-là!

Croire que la technologie ne permettra pas à une personne de faire le travail de 2, actuellement, est sans doute illusoire dans 37 ans.

Pour vous donner une idée, rappelez-vous simplement la vie en 1981, en sachant que les changements n'ont cessé d'être plus rapides, chaque année, depuis cette époque ou, autre moyen, interrogez vos enfants de plus de 15 ou 16 ans! Vous risquer d'être surpris!

Exilor
98 messages
Il y'a 6 mois

Je n'ose imaginer ce que ça va donner rien que dans 10 ans...

Le futur des entreprises sera de créer des dortoirs dans les sociétés pour que les salariés puissent y dormir la semaine afin d'éviter de mettre 4-5h/ jour pour faire ses 80 bornes de trajet aller/retour...

Malheureusement tous les nouveaux arrivants ne s'imaginent pas le calvaire qui les attends, et malgré ça ils resteront car quand on goute à un meilleur salaire c'est difficile de revenir en arrière...

Dans 10 ans on se dira qu'à l'époque ça roulait pas si mal finalement , alors qu'aujourd'hui on pense déjà avoir a atteint le pire...