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Emploi

En France, le bassin sidérurgique s’appuie sur le Luxembourg

Luxembourg et bassin sidérurgique côté français entretiennent une relation étroite quant à la fourniture de main d’œuvre. 40 % des frontaliers français sont d’ailleurs issus de ce territoire.

Publié par Romain S. le 17/01/2019 | 1.374 vues

Près de la moitié des demandeurs d'emploi du bassin sidérurgique se déclarent disponibles pour travailler au Luxembourg.

La barre a été franchie au mois de septembre 2018 : les Français sont désormais plus de 100.000 à travailler au Grand-Duché. Un chiffre symbolique tandis que les Hexagonaux constitue la moitié du contingent de salariés frontaliers du pays.

Lire : Ça y est, les Français sont plus de 100.000 à faire la navette chaque jour

Aux frontières du Luxembourg, côté français, le bassin sidérurgique, territoire s’étalant grosso modo d’Audun-le-Tiche à Sierck-lès-Bains, se positionne comme l’un des plus gros fournisseurs de main d’œuvre pour son voisin.

D’après les derniers chiffres dévoilés par le Pôle emploi de Hayange, 39 % des actifs étaient en effet des navetteurs au 2ème semestre 2018 soit plus de 40.000 personnes. Pour donner un ordre d’idée, fin 2015, les actifs âgés de 15 à 64 ans étaient au nombre de 103.051 dans le bassin.

Presqu’autant donc que le nombre de navetteurs venus de Belgique (45.787 au 2ème trimestre 2018) et d’Allemagne (46.035 à la même période).

47 % des chômeurs envisagent de travailler au Luxembourg

Le rapport est par ailleurs intéressant en ce qu’il établit une comparaison avec le Grand-Duché.

Ainsi, alors que ce dernier dénombrait 14.773 demandeurs d’emplois en novembre dernier, le bassin sidérurgique en comptabilisait 18.971 deux mois plus tôt (catégories A, B et C confondues).

Sur un an, le Luxembourg a constaté une baisse de 6,1 % de son taux de chômage tandis qu’elle tournait autour des 1,4 % dans le bassin.

Lire : Le Luxembourg tout proche du plein-emploi

Parmi les demandeurs d’emploi du bassin sidérurgique, 47 % s’enregistre en déclarant une mobilité transfrontalière. Et pour quasiment 100 % de ces derniers, la destination envisagée n’est autre que le Luxembourg.

Ils sont en très grande majorité diplômés, précise par ailleurs l’agence pour l’emploi :

  • Bac + 3 : 11,9 % ;
  • Bac + 2 : 13,9 % ;
  • Bac : 24,9 % ;
  • CAP/BEP : 39 % ;
  • Sans diplôme : 10,3 %.

Taux de chômage des jeunes en baisse de 15,5 % au Luxembourg

En outre, les chiffres font état, « toutes proportions gardées », d’un différentiel assez net concernant la baisse du taux de chômage chez les jeunes. Ainsi, 13 % des demandeurs d’emploi du bassin sidérurgique étaient des jeunes ce qui représente une baisse de 5,4 % sur un an et de 8,6 % sur deux ans.

Un résultat honorable même si inférieur aux 15,5 % de baisse enregistrés par le Grand-Duché pour la même catégorie de population.

Finance et BTP parmi les plus demandeurs

Concernant les profils recherchés par les employeurs, on note une très évidente corrélation entre ceux dont ont besoin les entreprises françaises et les demandes des chômeurs du bassin.

En témoigne les cinq profils les plus recherchés par pays.

En France :

  • Les agents de nettoyage de locaux;
  • Les assistants auprès d’enfants;
  • La vente en habillement;
  • Le secrétariat ;
  • Le magasinage.

Au Luxembourg :

  • Le service en restauration ;
  • Audit et contrôle comptable et financier ;
  • Etude et développement informatique ;
  • Nettoyage des locaux ;
  • Secrétariat.

Par les demandeurs :

  • Le nettoyage des locaux ;
  • L’assistance auprès d’enfants ;
  • La vente en habillement et accessoires de la personne ;
  • Le secrétariat ;
  • Le magasinage et préparation de commandes.

Enfin, l’agence liste les métiers en tension, soit ceux en pénurie de main d’œuvre, au Luxembourg. S’y retrouve :

  • Le commerce ;
  • Le BTP ;
  • Les activités scientifiques et techniques ;
  • La finance ;
  • L’Horeca.

A noter que des évènements transfrontaliers sont régulièrement organisés tout au long de l’année par les agences du bassin, pour lequel 25 % des offres d’emploi émanent du Luxembourg (et même 66 % à Hayange).

Premier rendez : le 6 février à Sérémange pour un forum sur le bâtiment.

Lire : 70 % des futurs frontaliers arriveraient de France

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