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Gaspard, business analyst : « Je suis un privilégié. »

Trentenaire, Gaspard a rejoint le Luxembourg au sortir de son cursus en Belgique, d’où il est originaire. Désormais résident au Grand-Duché, il y a fait son trou à tous les niveaux.

Des recruteurs belges ont déjà tenté des approches. En vain. Au lendemain de l’obtention de son Master en gestion, option finance, une première fois. "Je sortais de l’école et ma connaissance du néerlandais était basique, se souvient Gaspard. L’entreprise acceptait de m’embaucher à condition que je suive une formation en langues les soirs. J’ai refusé. D’autant que le salaire n’était pas très attrayant."

Plus tard, alors qu’il exerce déjà depuis plusieurs années au Grand-Duché, bis repetita. Ses conditions sont trop élevées pour l’employeur. "Je ne suis pas attiré que par l’argent. Mais quand on prend l’habitude d’avoir un certain niveau de vie, on recule difficilement.

« En Belgique, les stages sont très peu rémunérés »

Pour Gaspard, les perspectives d’emploi dans son domaine ne sont pas à chercher au Plat Pays. "Ou alors il faut aller à Bruxelles. Et encore, il faut décrocher un haut poste." Au Luxembourg, dont il connaît la réputation, il fait son nid. Personnel et professionnel.

Quand une société du Big Four vient prospecter à son université et lui propose un stage, c’est le déclic. Ni une ni deux, il franchit le pas et la frontière. "En Belgique, les stages sont très peu rémunérés. Là, on me proposait plus de 1.500 euros avec des chèques déjeuners. Plus que si j’étais en CDI en Belgique. Vous imaginez ce que cela représente pour un étudiant ?"

Le prélude d’une collaboration de quatre ans où l’employé fait ses gammes et se bâtit une condition

« Ce n’est jamais bien vu d’arriver en retard »

"Un peu triste" dans sa collocation à la lisière belge, il s’installe à deux pas de Luxembourg-Ville, dès que son revenu de salarié le lui permet. Un grand changement. "C’est avant tout pour améliorer ma vie sociale et pour ma compagne que j’ai loué un logement ici, confie l’analyste. C’est quand même une capitale et donc assez dynamique."

Il fait d’une pierre deux coups puisqu’il s’évite les ralentissements du matin, "un carnage. Ce n’est jamais bien vu d’arriver en retard, tout le monde vous dévisage. Le soir, je rentrais très tard. Le trafic était fluide." Quoique plus que de les "avoir subi, c’est plutôt du luxe que d’avoir fait ce choix.

« Je me donne assez bien pour garder mon poste »

Vient ensuite l’heure d’aller voir ailleurs au travail. Critère majeur dans sa recherche, le temps domicile-société. "Je voulais me trouver à quinze minutes maximum de la maison." Aujourd’hui, il en a pour trois minutes "quand ça bouchonne" et quitte en moyenne à 19h. "Ça me convient très bien."

A côté de cela, ses déplacements professionnels l’envoient régulièrement sur ses terres où il en profite pour retrouver amis et famille, idéal pour son équilibre relationnel.

Côté finances, "je gagne quasiment 1.000 euros de plus" que pour un job équivalent chez le voisin. Et c’est sans compter sur les autres avantages parmi lesquels, un téléphone et une voiture de fonction. "Je dois avouer que je me donne assez bien pour garder mon poste.

Le luxembourgeois, un jour peut-être …

Au bureau, une majorité de collègues sont des natifs du Luxembourg. Tout se passe très bien même si lui, ne parle pas le luxembourgeois. Et quand il converse en anglais, c’est par conscience professionnelle. "Ce n’est pas demandé mais je me force à le faire. Si je viens à partir un jour, je sais que c’est un critère de recrutement dans d’autres boîtes, surtout pour les plus gradés."

D’ailleurs, il n’exclut pas l’idée d’un jour se mettre au parlé local. "Je sais que ça pourrait m’ouvrir des portes et si la nature du poste l’exige, je crois que j’en serais capable." Peut-être cela lui éviterait-il aussi les "remarques désobligeantes quand je vais au supermarché ou quand je passe un coup de fil administratif", sourit l’intéressé.

En somme, "je me suis vraiment bien adapté" et rien ne présage à ce que Gaspard plie bagage une fois compilées ses dix années lui ouvrant les droits de retraite. Et d’en convenir : "J’ai une bonne vie, je ne suis pas à plaindre. Je suis un privilégié."

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