Irina, 40 ans est manager depuis cinq ans dans une institution au Luxembourg. Elle gagne près de 5 000 euros net par mois sans compter les avantages en nature accordés par son employeur.

Elle s’est donnée les moyens de réussir

Surdiplômée, cette jeune cadre a passé près de huit ans à étudier sur les bancs de l’école puis de la faculté pour se construire une vie professionnelle « épanouie et enrichissante ». Et pour réussir, elle s’est donnée les moyens de quitter l’Allemagne pour vivre et travailler au Luxembourg. « En Allemagne, les études durent longtemps. Quand une femme est diplômée à 28 ou 30 ans, le temps de se stabiliser professionnellement elle a déjà 35 ou 40 ans.»

Bien dans sa vie, sans enfants, bizarre ?

Elle a des convictions et des idées bien arrêtées sur la question de la maternité. Un sujet qui revient souvent « sur le tapis », lors des déjeuners avec ses collègues en majorité françaises, qui en pause discutent « enfants, garde, crèches, courses pour faire les devoirs…» confirme Irina. Et puis vient la sempiternelle question : « Au fait, tu n’as toujours pas d’enfant, toi. C’est dommage si tout va bien dans ta vie ».

« Dommage », ça dépend pour qui ? Selon Irina, le bonheur d’une vie riche ne passe pas forcément par le fait d’avoir des enfants. Bien au contraire. « Le système français où les mères vont chercher leurs enfants à la crèche à 18 heures est frustrant, et ne permet pas, à leurs yeux, de se réaliser pleinement, ni dans le travail, ni en famille » tient-elle à rappeler avec une légère pointe de sarcasme.

« Jamais rêvé d’être enceinte »

Selon une enquête : une Allemande sur cinq n’aura jamais d’enfants, avec un pic impressionnant de 40 % chez les surdiplômées. Emblématique d’une génération qui fait de l’indépendance sa priorité, Irina fait partie de ces femmes qui n’ont « jamais rêvé d’être enceinte, contrairement à certaines de mes copines ».

« Papa, maman et les enfants »…et les autres ?

Ce poids sociétal enlevé de sa vie, ce conformisme désuet « papa, maman et les enfants » ôté de son champs de vision, Irina voit sa vie finalement « très excitante ».

Elle ne parle d’ailleurs que d’avantages. Pour son employeur, tout d’abord : « Pas de congés maternité à prévoir. Les vacances scolaires, je ne connais pas non plus ». Durant la crise sanitaire, « Pas de congés pour raisons familiales à prévoir » tâcle-t-elle.

Etre heureuse, sans enfants, c’est possible. C’est d’ailleurs une réalité puisque beaucoup d’Allemandes boudent la maternité : 22 % des 40-44 ans (et 20 % des 44-48 ans) n’ont pas d’enfants, contre seulement 9 % chez la génération des 69/79 ans.

Elle est ambitieuse et a fait de sa carrière professionnelle, une priorité : « Celles qui veulent réussir au Luxembourg doivent énormément travailler. Sans enfants, c’est mieux ».

Elle lâche avec humour suivre les traces de la chancelière Angela Merkel, « mère » de l’Allemagne, mariée, sans enfants : « Si ne pas devenir mère est un choix, le devenir en est un aussi » !

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