icon recherche
Emploi

Redressement judiciaire : les salariés frontaliers de chez Camaïeu (ré)agissent…

Camaïeu, enseigne française de prêt-à-porter est en procédure de redressement judiciaire en France depuis mai. L’avenir des magasins luxembourgeois demeure incertain.

Publié par Chrystelle Thévenot le 31/07/2020 | 2.345 vues

Crédit photo : wikipedia

Victime directe, selon la direction, de la crise du Covid-19, l’entreprise de prêt-à-porter Camaïeu, spécialiste de l’habillement féminin qui emploie 3 900 salariés en France a été placée en redressement judiciaire depuis le mois de mai. Elle possède de nombreuses boutiques à l’étranger.

Au total, sept dossiers de reprise ont été déposés, dont deux offres globales reprenant (en principe) la totalité de l’entreprise.

« Parmi ces deux offres, l’une émane des dirigeants actuels de l’entreprise, qui ont d’ores et déjà annoncé vouloir se séparer d’une grande partie des magasins en France ainsi que de l’ensemble des magasins en Belgique, en Suisse et au Luxembourg. L’autre offre globale provient d’un groupe immobilier bordelais qui serait, elle, plus favorable aux magasins. Une décision devant les tribunaux français doit intervenir au courant de la semaine prochaine » précise David Angel, secrétaire central en charge du commerce à l’OGBL.

Lire Entreprise Guardian : plan social ou pas plan social ?

Le Luxembourg compte trois boutiques Camaïeu employant 11 salariés – tous ces salariés sont des  frontaliers. En Belgique, cette fois, l’enseigne embauche 110 salariés pour une trentaine de boutique : « Une grande majorité des magasins en Allemagne est fermée »  souligne David Angel.

Malika*, vendeuse dans une boutique

Malika*, 35 ans est vendeuse dans une des boutiques située à la périphérie du centre-ville du Luxembourg.

Frontalière française, elle est entrée chez Camaïeu, il y a 10 ans : « Nous venons de subir de plein fouet l’épidémie de covid-19 avec la fermeture de la boutique durant près de trois mois. Il a fallu tenir le coup moralement. A présent, nous craignons pour notre emploi avec la perspective d’être licenciée dans quelques mois. C’est dur » explique la jeune femme.

Le manque de communication de la part de la marque auprès de ses salariés ne passe pas : « On entend des informations contradictoires en interne. Les articles sur le sujet, diffusés dans la presse, nous permettent de nous tenir au courant. Ce n’est pas normal » confirme Malika*.  

Même son de cloche pour David Angel, de l’OGBL« Si les représentants du personnel français sont, eux, impliqués dans le processus, ceci n’est pas le cas pour les autres pays. En effet, au Luxembourg comme en Belgique, le personnel ainsi que ses représentants font face à une grande opacité » tempête-t-il.

Des actions communes vont être programmées, dans les prochains jours, pour sensibiliser le futur repreneur. : « L’objectif est de préserver l’ensemble des emplois au Luxembourg – comme dans les autres pays ».

Le tribunal de commerce de Lille fera connaître le nom du repreneur de l’enseigne de prêt-à-porter, le 17 août.

* Malika : le prénom a été modifié

Ailleurs sur le web