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Congé de paternité européen : la Chambre de commerce préconise d'attendre

Le congé de 10 jours proposé par l'UE pour les nouveaux pères pourrait avoir des impacts organisationnels et économiques pour les entreprises, et financiers pour les États membres.

Et si les pères pouvaient prendre 10 jours de congés pour la naissance de leur enfant, comme l'envisage une directive de la Commission européenne, et non pas 2 à 5 jours, comme le prévoit un projet de loi qui occupe actuellement les députés luxembourgeois ?

Carlo Thelen, l'économiste en chef de la Chambre de Commerce, n'est pas pour. Il est même "urgent d’attendre", explique-t-il dans un récent blog : "Si le projet de loi luxembourgeois prévoit d’augmenter le congé de paternité de deux à cinq jours, il est important de rappeler que cette mesure s’inscrit dans le cadre d’une réforme plus globale incluant notamment les congés spéciaux, d’une part, et que ce projet de loi est le résultat de longues discussions sur le plan national, d’autre part", insiste-t-il.

Meilleur équilibre vie professionnelle – vie privée

Or, la proposition de la Commission européenne sur l'équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée, adoptée en avril dernier, pourrait bien remettre en question ces négociations entre les partenaires sociaux nationaux.

Le texte vise en effet à la fois à améliorer les droits des femmes et des hommes, afin de remédier à la faible participation des femmes au marché du travail, à promouvoir la lutte contre la discrimination, et à étendre le congé familial pour les pères.

Plus concrètement, le texte prévoit un congé de paternité de 10 jours ; il propose aussi un congé parental de 4 mois, rémunéré à hauteur des prestations de maladie, et qui pourrait être pris jusqu’aux douze ans révolus de l’enfant.

Pour les personnes qui s’occupent d’un proche gravement malade ou en situation de dépendance (aidants), le texte prône par ailleurs un congé de 5 jours par an et par travailleur, qui serait rémunéré à hauteur des prestations de maladie.

Des formules de travail souples (horaires réduits ou flexibles, flexibilité quant au lieu de travail) sont également préconisées pour ces parents et aidants.

Tandis que la protection contre la discrimination et/ou le licenciement serait de même renforcés lorsque des travailleurs choisissent de prendre ou de demander à prendre un congé ou ces formules de travail souples.

Congé paternel européen : qui paiera ?

Pour Carlo Thelen, avec la procédure législative européenne se pose la question de l’indemnisation du congé de paternité : "Alors que le congé de paternité luxembourgeois est indemnisé comme du congé (à la charge des entreprises), le congé de paternité européen, fixé à 10 jours au moins, devrait être assorti soit d’une rémunération (donc à charge de l’employeur) soit d’une allocation (donc à charge de l’État) d’un niveau au moins équivalent à celui perçu par le salarié en cas de maladie", précise-t-il.

Selon l’économiste de la Chambre de Commerce, l’"introduction de ces modalités (durée et indemnisation) pourrait donc avoir des répercussions organisationnelles et économiques pour les entreprises mais aussi financières pour les États membres". Autant de points de discorde sur lesquels ces derniers devront trouver un compromis, avant de signer le congé de paternité européen.

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