A quand des bus autorisés à circuler sur la bande d’arrêt d’urgence ?
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Mobilité

A quand des bus autorisés à circuler sur la bande d’arrêt d’urgence ?

Au Luxembourg, la question est relancée par une pétition publique. Déjà en France ou en Belgique, l’idée fait son chemin.

Publié par Patrick Jacquemot le 04/12/2022

Les bouchons sont devenus le lot quotidien de tous ceux qui circulent au Luxembourg. Jusqu’à passer l’équivalent de 5 jours/an englué dans le trafic, selon une étude.

Mais alors que le gouvernement s’attache à développer les transports en commun, faut-il que les bus se retrouvent traités dans la circulation comme les automobilistes ? Pour le dépositaire de la pétition publique n°2533, certainement pas.

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Ainsi, Nuno Miguel Branco De Oliveira souhaiterait que les cars de passagers puissent emprunter les bandes d’arrêt d’urgence (BAU). Et ses motivations sont claires et pragmatiques : « Arrêter avec les retards sur certaines lignes en direction du Luxembourg avec 1h de retard (…) Arriver à l’heure au travail ».

L’attractivité des bus renforcée

Jusqu’à présent, seuls les véhicules en panne ou accidentés sont autorisés à se rendre sur cette voie de droite. Même les secours routiers s’effectuant en zone centrale, via le fameux “couloir de secours“.

Tout contrevenant à cette règle du Code de la route risque une amende de 74 euros.

Mais sans doute que si les bus roulaient ainsi, notamment en cas de surcharge du réseau autoroutier (165 km), leur temps de parcours se trouverait nettement amélioré. Et donc l’attractivité des lignes deviendrait plus forte, notamment aux yeux des conducteurs scotchés dans les bouchons alors que les cars les doubleraient sans complexe.

Mais, au Grand-Duché, cette solution améliorant possiblement la fluidité ne peut se faire sans quelques difficultés. A commencer par la sécurité des bus qui viendraient à emprunter cette voie.

L’A31bis y pense déjà

En effet, la plupart du temps cette bordure n’est guère plus large qu’un véhicule. Surtout son stabilisé n’est pas forcément adapté à un flux de circulation dense. La chaussée pouvant alors être vite être déformée par un passage répété de véhicules pesant chacun plusieurs tonnes.

Mais nul doute que la suggestion a déjà traversé les esprits. A l’image, par exemple, des réflexions actuellement menées côté Lorraine, sur le projet d’A31bis.

Sur la future portion d’autoroute passée à 2×3 voies, juste en amont et aval de la frontière, il est ainsi envisagé de laisser passer les transports en commun. Une voie large de 3,50m étant prévue à cet effet

Voilà le profil de l’A31 du futur, avec cette fameuse voie dédiée aux bus.

Pour l’heure, cette solution n’est toutefois envisagée qu’en cas de bouchons sur le restant de la chaussée. Mais c’est déjà une avancée, notamment pour les usagers des lignes RGTR passant par l’A31 puis l’A3 pour rejoindre ou quitter le Grand-Duché.

Justement sur l’A3 voisine, sur la partie en cours d’élargissement (avant et après Berchem), le ministère de la Mobilité a fait savoir qu’à défaut d’emprunter la BAU, les bus disposeraient d’une voie propre.

Les seuls autres conducteurs étant éventuellement autorisés à circuler sur cette bande dédiée aux transports en commun étant les chauffeurs effectuant de l’autopartage.

En 2020, dans une interview au journal Quotidien, le ministre de la Mobilité s’était dit favorable à l’ouverture «des bandes d’arrêt d’urgence au covoiturage». Alors, on peut imaginer que l’idée d’y voir des bus ne devrait pas lui déplaire.

En Belgique, plusieurs tentatives du même ordre ont déjà été menées. Sans succès.

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