Contrôles aux frontières ; mais où est donc la police belge ?
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Contrôles aux frontières ; mais où est donc la police belge ?

La Belgique a mis en place des contrôles aux frontières pour éviter la propagation du virus. Mais la police est-elle vraiment présente ? Témoignages. 

Publié par Chrystelle Thevenot le 10/02/2021 | 25.060 vues

Pancarte située à quelques kilomètres de la commune d'Arlon - Belgique

En Belgique, jusqu’au 1er avril 2021, les voyages non essentiels vers et hors de son territoire sont interdits. Vendredi 5 février, le comité de concertation a en effet décidé de prolonger d’un mois cette restriction qui avait été fixée, en janvier, au 1er mars.

Pour enfoncer le clou, le ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne a déclaré, dimanche 7 février,  lors du journal télévisé de la chaîne privée flamande VTM : « Il y aura des contrôles aux frontières. Les personnes qui essaient malgré tout de partir en voyage et qui sont prises sur le fait devront payer une amende et faire demi-tour ». Dans la théorie, le message est clair. Dans la pratique, cela semble plus compliqué.

Faire ses courses sans souci

Eléonore est pharmacienne dans la commune d’Arlon, située à quelques kilomètres de la frontière luxembourgeoise : « Le gouvernement avait prévu des contrôles stricts aux frontières. Honnêtement, je me déplace sans souci entre le Luxembourg et la Belgique ou encore vers la France. Je fais mes courses dans les deux pays. Je n’ai jamais vu de policiers » explique la jeune femme de 35 ans ajoutant avec une pointe d’humour : « Pour le coiffeur, je vais même au Luxembourg ».

Un trajet qu’elle ne devrait plus effectuer puisque la Belgique a décidé de rouvrir les salons de coiffure, ce samedi 13 février.

Des contrôles aléatoires

Pourtant, la police Fédérale en Belgique a mobilisé des équipes pour contrôler les frontières. Les polices aéronautique, des chemins de fer, de la navigation et de la route sont déployées sur l’ensemble du territoire : « La police de la route, par exemple, effectue des contrôles tous les jours sur les autoroutes de notre pays. Pas tous les jours au même endroit, au même moment et avec le même dispositif : cela change de jour en jour. Il s’agit de contrôles aléatoires, pas de postes de contrôles fixes » précise la police Fédérale, jointe par téléphone.

Pas assez de fonctionnaires aux frontières

Une chose est sûre ; le gouvernement belge martèle inlassablement que personne ne doit rentrer en Belgique sans autorisation et personne ne doit en sortir. Certes. Léoni, 50 ans, travaille dans les travaux publics en Belgique depuis 30 ans.

Depuis son chantier implanté à Arlon, il voit passer les nombreuses voitures scrutant parfois les plaques d’immatriculation : « Il y a de tout et surtout beaucoup de monde qui rentre dans le pays. Pour vérifier si tous les voyages sont essentiels ou non, je crois qu’il faudrait plus de policiers sur le terrain. Je ne sais pas si la Belgique a autant de fonctionnaires que ça. Il faut être logique, ces contrôles, c’est du boulot. Ca doit coûter un peu d’argent à l’Etat».

Les contraventions pleuvent malgré tout

Pourtant depuis la mise en place de ces restrictions : « Les services de police belges (locale et fédérale) ont jusqu’ici rédigé 434 contraventions pour des personnes qui n’avaient pas rempli le formulaire de localisation du passager et 105 PV pour des non-résidents qui ne pouvaient pas présenter un résultat de test négatif » confirme la police Fédérale.

Des chiffres précis, régulièrement mis à jour, qui démontrent que les vérifications sont bien effectuées. En cas de contrôle, « Les sanctions administratives tombent » précisent les autorités policières.

La galère des attestations…

Cependant, il est difficile de s’y retrouver dans les papiers à fournir, soyons clair : pourquoi ? Parce que les mesures changent régulièrement en fonction des décisions du gouvernement face à l’évolution de la crise sanitaire dans le pays.

Ce constat est valable pour les pays frontaliers et n’est pas propre à la Belgique. Qui voyage quand, comment et pourquoi ? Pas simple, tout de même.

Pour les travailleurs luxembourgeois

Vita, psychologue au Luxembourg depuis 30 ans. Une partie de sa clientèle est belge. Elle traverse deux fois par semaine la frontière pour se rendre à Namur. Elle n’a besoin, dans son cas, que de la déclaration sur l’honneur : « Elle doit être remplie pour chaque passage de frontière jusqu’en avril. Comme mon voyage est fréquent et répétitif, je ne l’ai remplie qu’une une seule fois. Toutefois, une déclaration sur l’honneur différente doit être remplie pour chaque type de voyage » précise-t-elle, soulignant avec un brin de philosophie : « On devrait faire les choses plus simplement. Tout les citoyens sont responsables ».

Dans la théorie, le message est clair. Dans la pratique, cela semble plus compliqué !

Attestations obligatoires pour les frontaliers belges pour aller travailler au Luxembourg

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