Don du sang : le Luxembourg prêt à stopper la discrimination homo
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Santé

Don du sang : le Luxembourg prêt à stopper la discrimination homo

Jusqu'alors les hommes homosexuels ne pouvaient donner leur plasma q'un an après leur dernier rapport sexuel. La ministre de la Santé, Paulette Lenert, entend faire évoluer la situation. Mais qu'en est-il sur la Grande Région ?

Publié par Patrick Jacquemot le 18/01/2023

Le Luxembourg manque de sang. Le problème est récurrent, saisonnier même. En hiver, chacun a la tête aux fêtes; en été, pense aux vacances. Sauf qu’actuellement, ce creux devient préoccupant. Le climat sanitaire (covid, grippe, bronchiolite) rendant frileux bien des donneurs potentiels.

Résultat, si en moyenne chaque jour, une centaine de personnes se présentent habituellement pour présenter leurs veines aux aiguilles de la Croix rouge, leur nombre a chuté. De l’ordre de 60 à 70 volontaires seulement. Insuffisant pour couvrir les besoins. Mais paradoxalement, le Grand-Duché se prive toujours d’une partie de donneurs : les hommes homosexuels.

Des années en effet que ceux-ci ne peuvent donner leur sang, sauf après un an d’abstinence sexuelle. Pour le plasma, pas de problème. Mais, messieurs les homos, gardez vos globules ! Une situation que la ministre de la Santé entend faire cesser. Paulette Lenert l’a affirmé à la tribune de la Chambre des députés.

Un délai après un vaccin

Il est vrai qu’actuellement, pour donner son sang au Luxembourg (outre cette “limite”), les conditions sont ouvertes : avoir entre 18 et 60 ans, peser plus de 50 kg, être résident ou frontalier et… en bonne santé.

Les restrictions les plus courantes concernent les sujets venant de se faire tatouer ou poser un piercing (là, il faut attendre 4 mois) ou les personnes vaccinées. Dans ce dernier cas, un vacciné contre le covid doit attendre 7 jours après l’injection anti-covid ou 3 jours pour l’anti-grippe avant de se présenter à une collecte.

En janvier 2021, le Luxembourg avait levé un premier tabou. Autorisant les homosexuels à être donneurs. 2023 pourrait marquer une nouvelle étape, et la ministre de la Santé va évoquer la situation avec la Croix rouge dans les heures à venir.

Il y a quelques mois, la directrice médicale du Centre de transfusion sanguine de Luxembourg avait rappelé que « le Luxembourg ne peut pas se permettre une marge d’erreur. C’est un petit pays où une poche de sang contaminé peut peser très lourd sur la totalité du stock ».

La Dr Anne Schumacher rappelant au passage, pour dédouaner l'organisation de tout esprit homophobe: « quelqu’un d’hétérosexuel, qui a changé de partenaire au cours des 12 derniers mois, on va aussi lui dire non pour faire un don ».

Autour du Grand-Duché

🇫🇷 En France : de 1986 à 2016, le don de sang a là aussi été interdit aux homosexuels. En 2016, la loi avait autorisé le long, mais avec une période d'abstinence sexuelle d'un an d'abord, puis de 4 mois à partir de 2019.

Il a fallu attendre mars 2022 pour qu'homos comme hétéros puissent donner leur sang de la même façon.

🇧🇪 En Belgique : à compter de juillet 2023, la donne change. Un donneur homosexuel n'aura plus à respecter un an d'abstinence de rapports avant d'être validé comme donneur fiable. Le délai a été réduit à 4 mois.

🇩🇪 En Allemagne : Le ministre de la Santé vient d'annoncer que les restrictions mises en place dans les années 80 (pour cause de montée du sida) n'avaient plus lieu d'être dans le pays.

A partir d'avril 2023 « l’orientation sexuelle et l’identité de genre ne seront plus des critères d’exclusion » a déclaré Karl Lauterbach.

🇮🇹 🇪🇸 En Italie et Espagne : les deux pays suivent la même ligne, en matière de don du sang : chacun est libre de donner si il ou elle estime ne pas avoir eu de comportements à risques récents. 

Retrouvez ICI les dates des prochaines collectes de sang

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