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Société

126.000 personnes en risque de pauvreté au Grand-Duché

Alors qu’il recule globalement dans l’UE, le risque de pauvreté progresse au Luxembourg où, selon la méthode calcul, un habitant sur cinq est concerné.    

Publié par Romain S. le 17/10/2018 | 1.627 vues

Avoir un emploi n'est pas l'assurance d'être épargné par la pauvreté au Luxembourg : 13,7 % des travailleurs y résidant sont concernés par le risque.

« Le taux de risque de pauvreté est en progression par rapport à l’année précédente. » Dans sa dernière note, le Statec fait état d’une situation qui va à rebours de la tendance européenne.

Une étude publiée dans le même temps par Eurostat mentionne en effet un recul du risque de pauvreté dans l’Union. Culminant à 25 % en 2012, il est redescendu à 22,5 % en 2017, ce qui représente 112,9 millions d’Européens.

Au Luxembourg, 126.000 personnes, soit 21,5 % de la population, vivent avec la menace de basculer dans la pauvreté ou d’être exclu socialement. Le pays compte en outre le taux de risque le plus élevé parmi les quatre voisins.

Personnes en risque de pauvreté ou d’exclusion sociale en Europe en 2017

  En pourcentage de la population
  En nombre
 Luxembourg 21,5 % 126.000
 France 17,1 % 10,771 millions
 Belgique 20,3 % 2,296 millions
 Allemagne 19 % 15,516 millions
 UE 22,5 % 112,917 millions

Le constat vaut toujours après transferts sociaux.

Personnes en risque de pauvreté après transferts sociaux en Europe en 2017 (%)

 Luxembourg
 18,7 %
 France 13,3 %
 Allemagne 16,1 %
 Belgique 15,9 %
 UE 16,9 %

13,7 % des actifs menacés

Le Statec fixe par ailleurs le seuil de pauvreté pour une personne seule vivant au Grand-Duché à 1.803 euros par mois. C’est à partir de 1.996 euros mensuels que l’institut considère que l’individu atteint un niveau de vie décent.

A lire aussi : Ce qu’il faut gagner pour vivre décemment au Grand-Duché

Et encore, ce « budget de référence » s’avère être supérieur au seuil de risque de pauvreté monétaire. Autrement dit, le nombre de personnes en difficulté demeure sous-estimé.

Alors que les prix des logements continuent de croître et que cette hausse pourrait s’accentuer plus rapidement à l’avenir, le revenu résiduel des ménages les plus modestes (c’est-à-dire après avoir payé le loyer ou remboursé un emprunt immobilier et les charges liées) s’élevait à 58 % en 2017. En 2012, il atteignait 66 %.

Sans surprise, ce sont les chômeurs qui sont les plus durement touchés. Posséder un emploi n’est néanmoins pas synonyme de sécurité puisque 13,7 % des travailleurs résidant au Luxembourg sont concernés par le risque de pauvreté.

Voir l’infographie du Statec

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