icon recherche
Société

Congés supplémentaires : « Une action promotionnelle », juge la Chambre des Métiers

La Chambre des Métiers s’est elle-aussi vertement prononcée contre l’instauration d’un jour férié et d’un jour de congé légal supplémentaire dès 2019.

Publié par Romain S. le 08/02/2019 | 3.583 vues

La Chambre des Métiers propose de transformer le jour férié du 9 mai en "jour férié flexible".

Après la Chambre de commerce (CC), c’est au tour de son homologue des Métiers (CDM) de s’opposer officiellement à l’instauration d’un jour férié et d’un jour de congé supplémentaires.

Là aussi, la CDM dénonce une « décision politique prise dans l’urgence et sans consultation préalable des employeurs et, de surcroît, sans leur offrir en contrepartie des possibilités de s’organiser en réponse à ces jours chômés et rémunérés mais non-productifs. »

Lire : Congés supplémentaires : la Chambre de commerce s’oppose fermement

Elle a ainsi calculé ce que ces jours de repos représenteraient pour le secteur de l’Artisanat, qui comptait 84.987 salariés en 2017, à savoir 1,36 millions d’heures non productives. « Le fait de confronter chaque entreprise, mais surtout les micro-entreprises et les petites entreprises, avec 16 heures non-productives au niveau de chaque salarié individuel, est source de problèmes organisationnels et est de nature à désavantager notre économie par rapport à la concurrence étrangère », explique-t-elle encore.

« Réduction inacceptable du temps de travail »

Cette réduction « inacceptable » du temps de travail empiète par ailleurs sur les platebandes des partenaires sociaux signataires des conventions collectives de travail ou de règlements d’ordre intérieurs, en « mettant à mal l’autonomie tarifaire. »

Pour ce qui est du jour férié prévu le 9 mai, à l’occasion de la Journée de l’Europe, il est assimilé à une « action promotionnelle du pays à l’étranger (« nation branding ») aux frais de l’économie. »

La Chambre poursuit en enjoignant l’Etat à prendre en charge les coûts causés par le jour férié à hauteur du salaire brut de l’ensemble des salariés, « de la majoration de 100 % pour jour férié sur le salaire des heures effectivement prestées, des charges patronales concernées et, le cas échéant, du jour de congé compensatoire dû […]. »

Elle estime que ce 9 mai devrait être requalifié en « jour férié flexible » de manière à ce que les salariés puissent le reporter, par exemple à l’occasion des congés collectifs d’été, dans le cas des entreprises obligées de travailler le 9 mai.

 

Ailleurs sur le web