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Société

Luxembourg : moins de consommation mais plus d’épargne

Face à la crise sanitaire, les consommateurs ont épargné. La confiance des ménages n'est pas encore à son apogée. On épargne plus que l'on ne dépense. 

Publié par Chrystelle Thévenot le 06/07/2020 | 852 vues

Crédit photo : unsplash

Moins de consommation, plus d’épargne

Les restrictions imposées pour le confinement ont fortement limité la consommation des ménages qui ont accumulé une épargne forcée sur leurs comptes courants.

Les dépôts à vue dans les banques au Luxembourg ont ainsi augmenté de 3,2% sur un mois en mars puis de 2,3% en avril (+12% sur un an en avril). Une telle hausse des dépôts n’avait plus été observée depuis 10 ans.

Les frontaliers concernés 

Cette hausse provient principalement des frontaliers et des autres ménages étrangers, alors que des dépôts des ménages résidents ont plutôt augmenté en avril, lorsque la consommation a été le plus fortement restreinte.

En zone euros, les comptes courants se sont accrus entre 2% (en Allemagne) et 6% (en Grèce et aux Pays-Bas) de février à avril, alors qu’ils augmentent de 0,4% à 1% par mois en moyenne en temps normal.

Malgré le déconfinement, certains ménages pourraient garder une partie de l’épargne accumulée sur leurs comptes. Le contexte économique incertain peut effectivement les pousser à rechercher sécurité et liquidité.

De l’épargne forcée à l’épargne de précaution

Depuis avril, les consommateurs européens ont cependant fortement révisé vers le bas leurs intentions de faire de grands achats sur les 12 prochains mois, ce qui plombe la probabilité d’un tel rattrapage.

La réticence des consommateurs s’explique par leurs perpectives dégradées de la situation économique générale et du marché du travail. Les craintes du chômage et de la détérioration de leur situation financière devraient pousser les consommateurs à limiter leurs dépenses.

La part des consommateurs considérant qu’il est raisonnable d’épargner a fortement augmenté (dans la zone euro et au Luxembourg).

L’épargne accumulée devrait ainsi majoritairement se muer en épargne de précaution, le rebond de la consommation dépendant de celui de la  confiance des ménages.

Un exemple en France

Le Livret A et le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), ont continué à profiter du confinement qui a provoqué une épargne forcée, pour ceux qui en avaient les moyens. Le déconfinement progressif intervenu à partir du 11 mai n’a pas engendré de décollecte sur ces livrets d’épargne pourtant disponibles à tout moment.

Le Livret A a engrangé presque quatre milliards d’euros d’épargne en mai, après avoir déjà engrangé plus de cinq milliards en avril, selon des chiffres publiés par la Caisse des dépôts.

En mai, la collecte nette réalisée par ce placement défiscalisé a atteint précisément 3,98 milliards d’euros, un montant record pour ce mois, après 5,5 milliards un mois plus tôt.

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