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Moi Stéphanie, ma vie de femme de frontalier

On parle souvent des travailleurs frontaliers mais rarement des gens qui partagent leur vie. Voici le portrait de Stéphanie, française, 37 ans, 2 enfants, travaillant en France et mariée à un frontalier au Luxembourg.

Quand Stéphanie* a rencontré Paul, elle travaillait comme assistante dans un cabinet comptable à Thionville (Moselle). Lui travaillait aussi à Thionville, dans une société de fournitures de pièces automobiles comme préparateur comptoir depuis deux ans, pour un salaire d’environ 1.100 euros net par mois pour 35 heures par semaine.

Un poste au Grand-Duché du Luxembourg et un salaire presque doublé

Il a cherché en vain un poste de commercial avec son BTS de vente, en France. C’est au Luxembourg, à Esch-Sur-Alzette, qu’il trouve enfin une société qui lui offre sa chance comme vendeur en magasin, toujours dans le secteur de l’automobile. Son salaire presque doublé, le couple décide un an plus tard de se marier et d’acheter une petite maison à rénover dans la région de Longwy en 2009.

Fin 2010, après avoir été sédentaire à 40h par semaine, le patron de Paul lui propose de devenir commercial B to B. Une promotion acceptée immédiatement. Un salaire fixe identique, mais des commissions sur les ventes et une voiture de fonction. Très motivé et très bon commercial, Paul parcourt tout le pays à la rencontre de ses clients et ne compte plus ses heures.

Une vie de famille avec son quotidien commence...

En 2012, le premier enfant du couple voit le jour. Stéphanie continue son emploi à plein temps. Elle raconte : « Je le déposais chez la nourrice à 7h30 pour être à l’heure à 8h30 à mon travail et je le récupérais le soir vers 17h30. Et ça commençait : quelques minutes pour les câlins, l’heure du bain puis la préparation du repas pour la famille. A plusieurs reprises dans la semaine, quand Paul rentrait après 20h, le petit était déjà endormi dans son lit ».

En 2015, le couple très uni, décide de faire un deuxième enfant qui naîtra en décembre. L’idée était de scolariser le premier pour aussi avoir une meilleure organisation.

L’année 2016 fût particulièrement difficile. Il a fallu revoir toute l’organisation, et Stéphanie a demandé un temps partiel. « Le mercredi sera une journée entière pour ses enfants », pense-t-elle à l’époque.

Cette impression d'en faire beaucoup seule

Aujourd’hui, quand elle analyse son quotidien, elle constate indiscutablement qu’elle gère pratiquement tout. «J’ai l’impression de m’occuper de tout : les enfants,  l’école, les médecins, les achats divers de vêtements ou autres, les activités périscolaires, les invitations aux anniversaires… c’est pour moi ! Les courses, les repas, les papiers à remplir, les paiements des factures, appeler les réparateurs pour les pannes, c’est pour moi aussi ».

Paul, fait ce qu’il peut le week-end surtout pour la maison, malgré une vraie fatigue accumulée durant la semaine. Il aime beaucoup son travail et c’est ce qui compte pour elle. Ils savent aussi tous les deux, qu’il serait difficile de trouver les mêmes conditions salariales en France. Paul gagne en moyenne 3.500 € net par mois, en plus des avantages comme la voiture…

Mais certains soirs, quand Stéphanie a fini les devoirs, les bains, les lessives, le repas et reçoit un appel de Paul encore coincé sur la route ou qui doit repasser au bureau finaliser une commande, elle se dit que son mari lui manque, même s’il rentre tous les soirs, toujours heureux de retrouver sa famille. « Je sais qu’il apprécie que tout soit fait quand il rentre et qu’il ne doit pas commencer à s’occuper des taches quotidiennes. Par contre, parfois je me demande s’il se rend vraiment compte du boulot que ça représente ? » Dit-elle un peu en colère.

Quand on lui demande pourquoi elle travaille toujours au cabinet comptable à plus de 40 km de chez elle, elle répond : « J’aime avoir une activité professionnelle. J’en ai besoin pour aussi voir autre chose. Et puis, j’y ai mes habitudes et mes collègues sont devenus mes amis ».

* Le prénom a été modifié

Si vous voulez vous aussi parler de votre vie de frontalier, envoyez un mail à contact@lesfrontaliers.lu

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Portrait de xanazorfa

On ne peux avoir tout pres de chez soi, que voulez-vous ?

 

 

 

 

Portrait de Belgeunefois

Non, mais les femmes frontalières on en parle??? Malgré les horaires, la route et les bouchons, j ai toutes les taches qui vont avec! Et j ai pas Les salaires cumulés qui me permettraient de réduire mon temps de travail! On en fait pas un article...

Portrait de Francais du Lux

Tout en paraissant un peu triste, cette jeune femme a un quelque chose de sensuelle.... courage madame, bonne réussite familiale.

français du lux

Portrait de FRONT1234

elle devrait prendre quelqu'un pour faire le menage et le linge ca lui changerait la vie !!!

Portrait de fanfan5457

Si vous parlez de la photo d'illustration, très peu de chances qu'il s'agisse vraiment d'elle !!

Portrait de fanfan5457

Cette article ne parle pas vraiment de la vie de frontalier, mais plutot de la vie d'un couple ! 

Le coeur de problème, c'est plutot les différences de priorités entre lui (faire carrière) et elle (avoir une vie de famille).  Les horraires à ralonge du mari sont plutôt dûs à son métier et son ambition qu'à son statut de frontalier. On dirait que Stéphanie a fait cette interview plus pour régler ses comptes que pour témoigner ! En lisant celà, j'ai un peu eu l'impression de me retrouver dans l'intimité du couple !

Un conseil madame : parlez de à votre mari !

Portrait de dingdingdong

1100€ vs 3500€ : la question de travailler au GDL ou de travailler en France ne se pose même pas (même avec les désagréments de la vie de frontalier). (1100€ = tu offres quelle vie à tes enfants? )

Sinon, témoignage touchant dans lequel beaucoup se retrouveront.

 

Portrait de Doudounet

Je lis plus haut "Les horraires à ralonge du mari sont plutôt dûs à son métier et son ambition qu'à son statut de frontalier".... .

Comme le dit dingdingdong, la différence de salaire n'est plus un choix ici, ou plutôt si, entre végéter et tenter d'avoir une vie à peu près normale. Vite choisi.

Par contre pour le choix des horraires à ralonge c'est autre chose. Accepter et/ou avoir la chance d'avoir un métier qui vous plait est une chance qu'il ne faut pas laisser passer. Au Lux c'est 40h et pas 35 + RTT... .

Par contre quand il faut entre 2 et 4 heures par jour pour faire le trajet quotidien, on peut non seulement se dire que ce temps pourrait être occupé à des choses bien plus utiles et surtout, qu'il n'y a pas grande volonté politique d'améliorer les choses. On peut voir que les 95.000 Français ont besoin du Luxembourg chaque jour, mais aussi que le Luxembourg aurait bien des difficultés sans eux, et ça ce n'est pas pris en compte. On ne retient toujours que le premier aspect.

Mon épouse et moi sommes dans des conditions similaires et je peux vous dire qu'elle partage parfaitement le point de vue de Stéphanie. Je fais mes 9 heures/jour (eu égard à mon poste de câdre) et je fais 2 heures de route. Croyez-moi, ces 2 heures ça changerait tout ne serais-ce que de les ramener à 90 mins, ce qui me permettrait de rentrer à 19h30 et de diner avec ma famille au lieu de seul tous les soirs à 20h00. Sans parler des tâches administratives qui pourraient se faire tout en préservant un simili de soirée (quand on se couche à 22h30).

Pas si simple tout ça, mais on est nombreux, ici et ailleurs.

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