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Nucléaire : les sites français et belges peu protégés face aux attaques terroristes

Un rapport de Greenpeace pointe des failles inquiétantes dans la sécurité des centrales nucléaires françaises et belges. Leurs installations de refroidissement ne pourraient résister à un accident ou à une attaque terroriste.

La Grande Région est-elle suffisamment protégée en cas de catastrophes nucléaires ? Après les attentats commis ces dernières années en Belgique et en France, Greenpeace France a demandé à un groupe international d’experts du nucléaire et du terrorisme de passer au crible la sécurité des deux centrales nucléaires belges et 19 françaises, face aux menaces terroristes.

Une épée de Damoclès

Le rapport d’expertise est sans appel : les équipements sont vulnérables. Ce qui fait dire à l'ONG que "les centrales nucléaires qui nous entourent sont une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes."

La sécurité de leurs installations comporterait en effet des failles inquiétantes. Au point qu’un accident ou une attaque contre ces centrales "résulterait finalement dans un rejet massif de radioactivité dans l’environnement," indiquent les experts mandatés par Greenpeace..

Conclusions alarmistes

Leurs conclusions sont tellement alarmistes, que l’ONG a décidé de rendre public une version de cinq pages de ce rapport seulement. Et de garder secrète l’intégralité du document.

Celui-ci a toutefois été transmis aux autorités françaises en charge des questions de défense et de sécurité, ainsi qu’au ministère français de la Transition écologique et solidaire.

Des piscines de refroidissement non protégées

Le rapport s'intéresse en premier lieu aux piscines d’entreposage du combustible nucléaire, dotées d’une protection moins robuste que les enceintes de confinement des réacteurs. Pourtant, ces bassins assurent à la fois une fonction de protection radiologique contre la radioactivité dégagée par le combustible usé, et de refroidissement de ce même combustible.

Situés à l'extérieur des bâtiments blindés du réacteur, ils présentent cependant une radioactivité beaucoup plus concentrée que les réacteurs eux-mêmes. "S'ils étaient endommagés lors d'une attaque entraînant la vidange de l'eau de refroidissement, les barres de combustible seraient mises à nu, entraînant une hausse de la température et des rayonnements," détaille l'organisation environnementale.

Pour cette dernière, l’impact radiologique d’une éventuelle catastrophe serait comparable à celle de Fukushima en 2011. "La plupart des installations nucléaires en service ont toutefois été conçues à une époque où les menaces étaient de nature différente," justifie le rapport. "Bien avant les attentats du 11 septembre 2001, date à laquelle la menace terroriste a radicalement basculé."

Selon Greenpeace, les autorités chargées de la protection des centrales nucléaires devraient donc faire du renforcement de leur protection, une priorité.

Les dangers nucléaires d'une attaque terroriste

Une attaque externe pourrait-elle générer un tel scénario catastrophe ? "En l’absence de la protection qu’offrirait une enceinte conçue pour être robuste aux agressions, les bâtiments d’entreposage du combustible des centrales nucléaires sont vulnérables à des attaques susceptibles de provoquer des dommages importants," expliquent les sept experts.

Dans leur rapport, ils explorent les différents scénarios typiques d’attaque, ainsi que les types d’instruments que des individus dotés d’intentions criminelles pourraient aujourd’hui utiliser, compte tenu des faiblesses des installations nucléaires, pour arriver à leurs fins : "On peut en conclure que des individus projetant d’attaquer une installation nucléaire seraient en mesure, par le même type d’analyse, de sélectionner le ou les sites présentant les conditions les plus favorables," observe Greenpeace.

Des dégâts radiologiques catastrophiques

Ciblée et dimensionnée une attaque terroriste pourrait entraîner un rejet massif de radioactivité dans l’environnement, poursuit l’ONG. Et son impact pourrait dépasser largement celui des accidents les plus graves envisagés sur un cœur de réacteur.

Aussi, une telle catastrophe pourrait directement s’étendre sur un rayon de 75 à 150 km et toucher plusieurs millions de personnes, selon l’ONG, qui conclut que "les conséquences radiologiques d’une telle situation seraient potentiellement sans précédent, compte tenu de l’absence de plan d’urgence et de protection des populations à cette échelle, et de la désorganisation des secours que l’attaque externe risquerait d’engendrer."

Suite à ce rapport de Greenpeace, la direction de la centrale nucléaire de Cattenom est-elle prête à revoir ses projets, voire à envisager une fermeture ? En avril dernier, elle avait annoncé son intention de prolonger de 10 ans l'exploitation du site.

Lire le résumé du rapport de greenpeace

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