Que risque-t-on à s’attaquer à une œuvre d’art au Luxembourg ?
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Société

Que risque-t-on à s’attaquer à une œuvre d’art au Luxembourg ?

Les actions d’éclat d’activistes dans les musées ne constitue pas une préoccupation majeure pour les établissements du Grand-Duché. La loi s’est déjà préparée à d’éventuels cas de dégradation ou destruction.

Publié par Patrick Jacquemot le 13/11/2022

Zen. Pas de panique. Au ministère de la Culture, aucune angoisse particulière n’a suivi les inattendus happenings des militants verts dans les plus prestigieux musées du monde. D’ailleurs, « aucune consigne particulière n’a été émise aux responsables des musées du pays », souligne l’administration.

Ainsi, les services de Sam Tanson gardent toute confiance dans les mesures de sécurité déjà en place « afin de protéger les œuvres exposées, ceci pour éviter toutes sortes de dégradations accidentelles ou volontaires ».

Vigiles, vitres devant les tableaux majeurs présentés, fouille, portique, laser-alarme raisonnant à toute approche doivent donc ainsi épargner tout désagrément a priori. Mais au Mudam, au Casino, au Draï Eechelen et ailleurs, chaque direction garde son autonomie pour décider ce qu’il est bon de faire, ou de renforcer.

Mais avec la double casquette de ministre de la Culture et ministre de la Justice, Sam Tanson sait aussi que le pays dispose déjà des textes de loi pour sanctionner qui viendrait à endommager (voire détruire) une œuvre exposée. Il s’agit des articles 526 et 528 du Code pénal.

 

 

Le premier article de loi signale que «sera puni d'un emprisonnement de 8 jours à un an et d'une amende de 251 à 5 000 €, quiconque aura détruit, abattu, mutilé ou dégradé des tombeaux, signes commémoratifs ou pierres sépulcrales; des monuments, statues ou autres objets destinés à l'utilité ou à la décoration publique et élevés par l'autorité compétente ou avec son autorisation. »

La même punition s’appliquant aussi en cas d’attaque à des « monuments, statues, tableaux ou objets d'art quelconques, placés dans les églises, temples ou autres édifices publics ».

En 1993, la loi a aussi reprécisé ce qui attend « ceux qui auront volontairement endommagé, détruit ou détérioré les biens mobiliers d’autrui ». A savoir : une peine d’emprisonnement de 1 mois à 3 ans et d’une amende de 251 à 10 000€ ou d’une de ces peines seulement.

Exposition et dialogue

De plus, toute destruction, toute détérioration et tout dégât de propriétés mobilières d'autrui « exécutés à l'aide de violences ou de menaces », sera puni d'un emprisonnement de 3 mois à 5 ans et d'une amende de 500 à 25 000€, ou d'une de ces peines seulement.

Au Musée national d'histoire naturelle, le directeur regarde avec circonspection les « actions malintentionnées et planifiées » qui se multiplient à l'étranger. Mais Patrick Michaely n'a « pas tenu à renforcer les mesures de vigilance » dans l'établissement du Grund.

"Ironie" de l'actualité, le MNHN propose actuellement une exposition sur l’impact des humains sur la biodiversité. Soit pile l'objet des revendications exprimées ces temps-ci autour des toiles de Van Gogh,  Monet ou Goya. Et le responsable de souligner : « Si je condamne toute acte de destruction dirigé contre le patrimoine de quelle forme qu’il soit, je compatis aussi avec les craintes des jeunes (...) Nous avons d'ailleurs donné une voix aux jeunes comme Youth for Climate et d’autres mouvements qui donnent du leur pour combattre la perte de la biodiversité et le changement climatique d’une manière optimiste ».

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