Un « Black Friday » sous tension au Luxembourg
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Société

Un « Black Friday » sous tension au Luxembourg

Trop de monde dans les magasins au Luxembourg, tel est le constat fait par de nombreux vendeurs. Ils ont alerté l'OGBL sur le manque de respect des mesures sanitaires. Dans ce contexte économique difficile, cette revendication passe mal.

Publié par Chrystelle Thevenot le 26/11/2020 | 4.955 vues

Pour les consommateurs, le Black Friday est l’opportunité de pouvoir réaliser des économies pour Noël.

« Ces dernières semaines, un grand afflux de clients a été constaté dans bon nombre de commerces au Luxembourg, en particulier au cours des week-ends. Nombreux sont les salariés du secteur qui expriment actuellement des craintes quant à l’afflux à prévoir à l’occasion du Black Friday, ce vendredi 27 novembre » souligne David Angel, en charge de ce dossier à l’OGBL.

La peur des salariés

« A chaque annonce du gouvernement, les clients se précipitent dans les magasins pour faire des achats, confirme Stéphanie, vendeuse dans une boutique de prêt-à-porter au Luxembourg,  luxembourgeois et frontaliers ne tiennent pas suffisamment compte des règles sanitaires ».

Incompréhension à la CLC

Une revendication qui n’est pas complètement comprise par la Confédération luxembourgeoise du commerce.

Joint par téléphone, Claude Bizjak, directeur adjoint confirme que les entreprises connaissent bien les règles d’accueil des clients et que dans ce contexte de crise économique : « tout est fait pour que chacun soit en sécurité. Les commerces sont plus surs que les transports en commun ».

D’ailleurs, pour faire redescendre la tension, une réunion de travail entre l’OGBL et la CLC était organisée ce jeudi 26 novembre.

Les gestes barrières non respectés par les clients mais aussi par les entreprises, c’est un peu le sujet qui fâche en ce moment : « C’est à l’employeur de garantir la santé et la sécurité des salariés et lance ainsi un appel à l’adresse des entreprises afin qu’elles mettent tout en œuvre pour protéger au mieux les salariés et les clients » pointe l’OGBL rappelant que : « dans les commerces excédant 400 m2, le nombre de personnes présentes sur la surface de vente doit être limité à 1 personne par 10m2, et ce à tout moment. Contrairement à ce qui a pu être parfois constaté au cours des dernières semaines, un contrôle strict du nombre d’entrées et de sorties de clients doit être effectué ».

Une fronde mal venue selon la Confédération luxembourgeoise du commerce : « La majorité des petits commerces au Luxembourg est unie et se serre les coudes pour survivre. Les clients qui attendent devant la porte d’un magasin pour faire des achats, c’est bon pour le moral  ».

Révolte des petits commerces en France

Comparé à la France, le commerce au Luxembourg a « de la chance » même si parfois les règles sanitaires ne sont pas toujours respectées. En attendant, un semblant de vie économique locale est toujours en marche : « Personne ne devrait se plaindre dans ces temps difficiles » souligne amèrement Paul, commerçant de l’autre côté de la frontière.

Depuis le mois de novembre, la révolte des petites boutiques en France, relayée par leurs organisations professionnelles, témoigne de la peur de ne pas survivre à cette nouvelle crise : « Nous, on aimerait bien ouvrir pour le Black Friday » s’exclame-t-on dans les rangs des petits commerçants français.

D’ailleurs, les commerces dits « non essentiels » et les services à domicile ouvrent le bal de l’allégement du confinement avec leur réouverture ce samedi 28 novembre 2020 à 8 h.

Lire Elena, gérante d’un bar : « Je ne survivrai pas. Je vais devoir mettre la clé sous la porte »

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