Gabin aura passé un peu plus de 10 ans au Luxembourg. Il a débuté sa carrière comme employé administratif dans un grand cabinet d’audit. En quelques années, il est devenu Data Officer and Sales Support, responsable d’une équipe de 3 personnes.

Il a doublé son salaire en 10 ans

Côté salaire, il a commencé à 2100 brut par mois et a quitté le Luxembourg en percevant un salaire de 4600 brut avec de nombreux avantages en nature comme des tickets restaurants, une voiture de fonction et un 13e mois. Avec l’ancienneté, il a même accumulé de nombreuses primes jusqu’à 1000 euros de cadeaux sur Amazon offerts par son employeur.

Une situation que beaucoup de salariés pourraient envier : « Ma vie était très confortable. Grâce au Luxembourg, j’ai pu acheter un appartement, faire de nombreux voyages et gâter mes proches. Concernant mon travail, je ne regrette rien. J’ai eu des responsables bienveillants qui ont su me faire évoluer. J’ai eu aussi la chance de travailler dans un environnement multiculturel » explique ce jeune homme célibataire.

Quelques ombres dans ce tableau idyllique, les transports. Ce cadre habite à 30 kilomètres du Luxembourg. « Les embouteillages se sont des temps perdus pour l’employeur et une source de stress. C’est dommage ». Avec un peu de recul,  il remarque aussi que le pays a un côté un peu « superficiel » notant que la « défaillance d’un salarié peut parfois lui couter cher ».

Une décote de 2,5 fois son salaire

Gabin avait tout pour vivre heureux. Une vie rangée, bien payée, des collègues sympas, un chef compréhensif et attentif…Mais qu’est-ce qui a poussé Gabin à se reconvertir professionnellement ? « Un matin, tu le lèves et tu te demandes si cette vie si bien carrée, si bien l’huilée te correspond vraiment. Ce sentiment trotte dans ta tête tous les jours en allant travailler jusqu’au moment où finalement tu te dis : je crois que je suis en mesure de me lancer un nouveau défi. Je plaque tout et je fais quelque chose qui me plaît vraiment. J’avais envie d’un métier à mon image ».

Gabin souhaite concrétiser un rêve d’enfant en devenant professeur des écoles en France. Réflexion faite : il démissionne de son poste.

A l’annonce de ce choix, le jeune homme pensait que sa famille, ses proches amis ou encore ses anciens collègues allaient lui dire qu’il « était fou». « Quand tu dis que tu vas gagner 2000 brut par mois en tant qu’instituteur alors que tu gagnais 2,5 fois plus ; il faut reconnaître que tout le monde ne peut pas comprendre. Soudainement, on s’imagine que la vie va devenir une galère financière avec cette question récurrente : mais comment vas-tu t’en sortir ? ».

« On ne s’inquiète pas pour toi, tu vas réussir »

Gabin observe que gagner sa vie : ce n’est plus une fin en soi.  Si un salarié se sent dans « un mal être permanent » dans un travail qui ne lui plaît pas, ça ne semble déranger personne tant qu’il a des moyens financiers : « Il peut tenir. Ça va passer». En revanche, que celui-ci décide de gagner beaucoup moins pour vivre heureux, cette perception de la vie ne semble pas dans les codes de la société « C’est son choix mais il est un peu fou ».

Gabin a eu la chance d’avoir un entourage rassurant et aimant : « On ne s’inquiète pas pour toi, tu vas réussir » lui envoie-t-on comme message de soutien.

Résolution 2022 : être un bon instituteur

Diplômé d’un bac+2, Gabin prépare activement le concours de professeurs des écoles en externe. Un examen qui aura lieu du 5 au 7 avril 2022. Puis les oraux qui se dérouleront cette fois entre mai et juillet. En attendant ces échéances, il révise à fond ; 8 heures par jour. « Je m’accorde une heure de pause par jour. J’ai un rythme de salarié » s’amuse-t-il.

A quelques jours des festivités de Noël, Gabin, comme tous les enfants sages, a fait un vœu au Père Noël : « Je lui ai demandé de réussir mon concours ». Et les résolutions pour 2022 ? « Etre un bon instituteur pour les centaines d’enfants que j’accueillerai dans ma classe. Ils auront la chance d’apprendre avec un ex-frontalier ». Est-il vraiment heureux à présent ? Oui, indéniablement « C’est sans regret, aucun » confirme-t-il.

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