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Santé

Est-ce que Luxembourg deviendra le paradis du cannabis ?

D'ici 2020, le Ministère de la santé au Luxembourg aura décidé de dépénaliser (ou non) l'usage du cannabis. Quelles sont les réactions dans le milieu de la prévention ? 

Publié par Chrystelle Thévenot le 31/10/2019 | 3.580 vues

Il y a 3 millions de consommateurs de cannabis en Europe.

En France en Allemagne et en Belgique, on scrute attentivement la décision du Grand-Duché de légaliser le cannabis récréatif. Même si la production nationale si attendue, sera estampillée “Made in Luxembourg”, pour les consommateurs de drogue douce, le territoire va devenir très attractif.

Le développement (inévitable) du marché noir

Joint à la main, Paolo, 23 ans, originaire de Namur, fume tous les jours. Pour le moment, il se cache plus ou moins  : « C’est l’odeur qui trompe » avoue-t-il sans ambages. Selon lui, la légalisation du cannabis dans le pays où il travaille, c’est l’idéal : « Je devrais trouver facilement un résident luxembourgeois qui me vendra quelques grammes. Mieux, je pense que ce sera le développement du marché noir. Même si c’est très contrôlé, on trouve toujours le moyen de s’en procurer. Ce n’est pas une question de… légal ou pas légal ? » 

THC plus élevé, un cannabis de mauvaise qualité

Est-ce que l’accès libre au cannabis est bien accueillie dans le monde associatif luxembourgeois ? René Meneghetti, directeur de l’association Impuls – aide aux jeunes consommateurs de drogue – et Carlos Paulos, de 4motion sont catégoriques : la légalisation du cannabis à des fins récréatifs, oui… mais sous certaines conditions. Pour eux, sans contrôle strict, c’est la porte ouverte au marché noir et surtout à la vente d’un cannabis de mauvaise qualité.

Les deux responsables travaillent au quotidien avec des consommateurs de drogue. L’un, en les accueillant dans un centre. L’autre, en intervenant dans les milieux festifs. Cependant, ils sont unanimes sur le sujet : « Les jeunes fument dès 13 ans, le taux de THC est de plus en plus élevé les rendant vite dépendants et malades. Devant cette jeunesse luxembourgeoise et étrangère qui se détruisent à petit feu, le Gouvernement a enfin pris le sujet à bras le corps. » confirment-ils

Les deux hommes participeront, dans quelques semaines, à la prochaine réunion proposée par le Ministère de la santé luxembourgeois.

Le seul interlocuteur non consulté pour le moment

A Kalborn, une commune située dans le nord du pays, Norbert Eilenbecker de la ferme Cannad’Our produit, depuis huit ans, son propre chanvre à des fins médicinales. Il n’a pas été convié aux réunions de concertation du Ministère de la santé. D’ailleurs, nous leur avons posé la question par mail. Leur réponse est claire : « Actuellement, les consultations au sein du groupe de travail se font sur niveau interministériel et se limitent dans un premier temps aux acteurs n’ayant pas d’intérêt financier . » Le seul producteur en Europe, implanté au Luxembourg, serait donc pour le moment écarté de toute discussion constructive ? Norbert Eilenbecker devra donc patienter.

D’ici la fin de cette année : le projet de légalisation sera soumis au gouvernement pour approbation. Ensuite, il sera élaboré suivant une base légale, c’est-à-dire, en projet de loi.

 

Lire : Légalisation du cannabis : l’épineux point du droit international

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