A chacun sa crise. Pierre Gramegna avait dû assumer les réformes de l’Economie nécessaires pour que le Luxembourg fasse face au séisme Covid. Yuriko Backes, sa successeuse, doit affronter la reprise de l’inflation. Dur d’être ministre des Finances, même au Luxembourg…

D’autant qu’à l’approche des législatives de 2023, chacun y va de son bilan, de ses reproches, de ses attentes. Ainsi, la majorité DP-LSAP-Déi Gréng entend déjà résonner le refrain de « la grande réforme fiscale promise dans l’Accord de coalition n’a pas été engagée… »

Pas faux, mais qui s’engagera sur pareil projet au terme de trois années aussi bouleversées pour les recettes et les dépenses de l’Etat ?

Levier fiscal et bouclier

N’empêche, le gouvernement Bettel sait que le levier fiscal peut s’avérer utile pour redonner une bouffée d’air (et d’argent) aux ménages contraints d’assumer une inflation de 5,9% sur les douze derniers mois.

Aussi, à l’heure de défendre son budget 2023 devant la Chambre des députés, la ministre a laissé filer qu’elle était prête à proposer quelques allégements fiscaux.

Lesquels, quand ? Aucune précision n’a été donnée. Mais Yuriko Backes s’est engagé à dire ce qu’il en serait au printemps prochain. Une fois passé le prochain index, et certainement quelques événements inattendus (positifs ou négatifes).

D’abord juger l’effet des mesures d’aide

Même dite du bout des lèvres, l’annonce satisfera notamment tout ceux qui reprochent aujourd’hui au gouvernement de se contenter de l’indexation des salaires, traitements et pensions pour servir d’unique bouclier face à la montée des prix.

Selon l’OGBL, sans réforme complète des barèmes d’imposition, la hausse systématique de 2,5% ne consiste en rien en un rattrapage du coût de la vie. « On perd à tous les coups », ne décolère pas la présidente du syndicat Nora Back. Mais le "coup de gueule" ne convainc pas la ministre visiblement.

Elle balaie l'argument dela perte de pouvoir d'achat ces derniers mois. Estimant notamment que le pack de mesures décidées en tripartites complète justement les budgets des ménages pouvant être en difficulté face à l’inflation. On parle ici, rappelons-le, de mesures pesant pour près de 2,5 milliard d'euros de soutiens tout de même.

 

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