Ces freins qui, au Luxembourg, nuiraient aux recrutements
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Ces freins qui, au Luxembourg, nuiraient aux recrutements

L'Union des entreprises luxembourgeoises estime que le pays aura besoin de 300.000 nouveaux employés d'ici 2030. Pour autant, 55% des sociétés estiment que le manque de main-d'oeuvre actuel les pénalise.

Publié par Patrick Jacquemot le 25/01/2023

A fin décembre, l’ADEM estimait à 10.925 le nombre de postes vacants disponibles au Luxembourg. Une estimation basée sur les seules offres en sa possession. C’est dire si, crise ou pas, le Luxembourg recherche toujours des bras, des cerveaux, des talents. La dynamique étant encore de mise, les départs en retraite et les changements de carrière aidant, les entreprises ont donc toujours faim de nouvelles embauches.

Sauf que… Sauf que, selon le 1er Baromètre de l’emploi publié par l’Union des entreprises de Luxembourg, 55% des sociétés souffrent aujourd’hui d’un manque de main-d’œuvre pour faire face à leurs besoins. Et l’étude menée par les organisations patronales de souligner cette pénurie comme le « principal obstacle au développement économique de ces sociétés ».

Dans l’artisanat, 70% des structures seraient ainsi en recherche de recrues. Et la Chambre des métiers estime que, pour ce seul secteur d’activité, le Luxembourg devrait trouver environ 1.700 travailleurs qualifiés dans les 12 prochains mois, juste pour rattraper la demande des clients. Mais plus généralement, ce sont bien toutes les branches d’activités qui sont impactées.

Pas de vivier sur la Grande Région

D’où ce message fort de l’UEL : « La guerre des talents doit être une priorité à l’agenda politique ». Autrement dit : à la veille des législatives qui détermineront le gouvernement du Luxembourg pour les années 2023-28, les partis doivent prendre conscience des “freins” qui ralentiraient les entreprises du Grand-Duché.

Ces “poids”, le baromètre (conçu avec la Federation for recrutment search & select) en pointe une douzaine. Parmi lesquels « l’inflation du nombre de jours de congés », le coût de la main-d’œuvre, l’absentéisme, les coûts du logement et de la mobilité, etc. Tout comme la démographie de la Grande Région, hélas, ne permet pas au Luxembourg d’avoir un vivier de profils suffisant aux abords du pays.

 

Si l'Union des entreprises estime qu'il faudra 300.000 embauches d'ici 2030, elle constate qu'aujourd'hui un tiers des missions de recrutement ne sont pas honorées. Et si le cadre légal peut être mis en cause, force est de noter qu'une part des responsabilités revient aussi... aux candidats.

Ainsi, selon l'étude, trop souvent les postulants à un emploi se présentent avec des « attentes en terme de salaire supérieures à ce que les entreprises peuvent se permettre ». L'Eldorado d'hier reste dans nombre d'esprits, la réalité a quelque peu changé. Mais surtout 91% des candidats ont "trop d'opportunités d'emplois à choisir.

Enormes efforts fiscaux

Cette nouvelle génération de salariés a d'ailleurs des priorités dont les RH doivent mieux appréhender la pertinence. Bien sûr, en premier lieu, le salaire reste le critère n°1 en terme d'attractivité. Mais « avec un score proche », la flexibilité ou la qualité de vie (télétravail, localisation, bureaux satellites) constituent l'argument n°2 qui peut faire basculer un contrat. En 3e position, on trouve les perspectives d'évolution.

Pour l'heure, l'UEL constate également que "la fuite des talents" s'accélère. La plupart des candidats qui souhaitent quitter le Luxembourg opteraient ainsi pour... la France. Cela pas forcément en raison du charme de la Bretagne ou la beauté des paysages du Pays basque, non. L'Union des entreprises notant plutôt que les « énormes efforts fiscaux » faits par Paris (régime impatrié, intéressement, package pour les familles) pèseraient lourd à l'heure des choix de carrière.

Un appel du pied évident aux politiciens luxembourgeois à réviser le cadre fiscal actuel du Grand-Duché pour le rendre encore plus attractif, et permettre au pays de « rester compétitif sur le marché des talents ».

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