Pour la première fois depuis début 2023, les taux d’intérêt pratiqués au Grand-Duché ont baissé. 4,71% en septembre, a annoncé la Banque centrale du Luxembourg pour les taux de crédit variable. Mais pas sûr que ce léger adoucissement (- 8 points en un moins) ne suffise à attirer les investisseurs privés vers les banques, et les organismes prêteurs à se montrer plus généreux et souples avec les demandeurs de prêt notamment pour faire l’acquisition d’un logement…

Dans son dernier tableau de bord économique, la Fondation Idea dresse d’ailleurs un constat alarmant : en un trimestre, le montant des crédits accordés aux ménages du pays a encore chuté. Moins 15% en valeur sur 3 mois... Soit 1,17 milliard d’euros consentis, entre avril juin dernier, seulement. Seulement car, en comparaison, avec d’autres exercices la somme est ridiculement basse.

Ainsi, voilà un an, ce volume accordé était 48% supérieur 60% même si l’on se réfère au 1er trimestre 2021 où les banques avaient le plus ouvert les robinets pour prêter de l’argent pour l’acquisition d’un premier bien ou de nouvelles surfaces d’habitation situés au Luxembourg.

Déjà 700 emplois perdus

La courbe est simple : plus les taux d’intérêt grimpe, moins de crédits immobiliers sont accordés (en nombre et en importance). La conséquence est tout aussi limpide : un effondrement des ventes de logis. Le durcissement d’accès aux crédits freinant les projets d’achat, et les carnets de commande des constructeurs diminuant à vue d’œil.

Même la réduction des prix de l’immobilier constaté sur le neuf ou l’ancien ne suffit pour l’heure à contrecarrer cette tendance qui menace aujourd’hui des milliers d’emplois dans le BTP. Déjà, au cours du premiers semestre 2023, 117 faillites d’entreprises du secteurs ont été enregistrées. Dernièrement, le nom de Sopifaçades s’ajoutait à la liste des sociétés du bâtiment mettant la clé sous la porte (une trentaine de salariés).

En neuf mois, la Chambre des métiers estime déjà à 700 le nombre d’emplois perdus dans cette branche. Sans parler des intérimaires à qui les sociétés ne font plus appel… Et si personne n’investit aujourd’hui, c’est sur de longs mois que l’onde de choc risque de se faire ressentir.

Un groupe de travail

Certes la liste des projets publics de construction est longue mais elle sera aussi lente à mettre en œuvre. Certes l’État aussi bien que certaines communes (comme la capitale) ont décidé de sauver in extremis des projets immobiliers engagés et menaçant de ne pas être achevés, mais ce ne sera pas suffisant.

Dévoilé jeudi, le prochain gouvernement a donc ce dossier brûlant à prendre en main. Amadouer les banques, redonner confiance aux ménages pour investir, secourir les entreprises en difficulté : il faudra plus qu’une mesure mais bien un plan d’action pour tenter de résoudre cette crise.

Mais le futur Premier ministre Luc Frieden et la coalition CSV-DP ont bien conscience de l’urgence. Parmi les 12 groupes de travail constitué en vue de définir la politique 2013-2018, un concerne la question du logement.

Le nom du futur ministre en charge du dossier figure certainement parmi ses membres (Alex Donnersbach, Marc Lies, Kim Felten, Sylvie Hansen, Elisabeth Margue, Marc Reiter, Lydie Polfer, Max Hahn, Barbara Agostino, Lex Delles, Patrick Goldschmit et Yan Sales).

 

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