Les paroles s’envolent, les écrits restent. Mais à force d’entendre le ministre des Finances confirmer à voix haute que le gouvernement s’engage à diminuer la pression fiscale sur la classe d’impôt 1A, il va falloir prendre ses mots comme vérité. D’ailleurs, à l’heure de valider le budget 2024 du pays, Gilles Roth a, à nouveau, pris cet engagement.

Certes, la “grande réforme fiscale” n’est pas encore pour tout de suite. 2026 reste l’échéance, avec possiblement l’annonce d’une “classe unique”. Mais, parole de ministre, pour ce qui concerne les parents isolés, les célibataires, les veufs et veuves, les divorcé-e-s dès la déclaration sur les revenus 2024, l’État aura mis en place un nouveau barème. Plus favorable à cette catégorie de contribuables. Enfin…

Enfin car voilà des années que les personnes concernées pestent contre un impôt bien trop lourd, pénalisant leur niveau de vie. Un taux inique même au regard de ce que le fisc réclame aux couples mariés par exemple. Sans même parler du choc financier que peut entraîner le passage de la classe 2 à 1a (trois ans après un divorce par exemple) ou le risque de pauvreté engendré chez certains pères ou mères-célibataires avec enfant.

Choix assumé

Ces dernières années, la contestation avait pris de l’ampleur, les pétitions réclamant l’abolition de cette classe se sont succédé, la crise Covid et ses dépenses avait empêché le précédent gouvernement de s’attaquer à ce “problème”. Cette fois, plus question de reculer, même si probablement cette révision du mode de calcul de l’impôt devrait réduire les recettes publiques de plusieurs millions d’euros (sur les quelque 6 milliards d’euros collectés).

Gilles Roth assume ce choix, au nom de la nouvelle majorité CSV-DP. Et l’on voit mal qui pourrait s’y opposer dans la différence de traitement des célibataires et consorts était une iniquité flagrante. Que ce soit d’ailleurs pour les frontaliers ou les résidents. De nombreux salariés ou pensionnés ont donc hâte que le gouvernement annonce le niveau de réduction qui sera appliqué à l’avenir. Patience…

Reste toutefois que celui qui tient les cordons de la bourse du Luxembourg n’a pas annoncé que des bonnes nouvelles, devant la Chambre des députés, en défendants son 1er budget et les orientations à venir.

Le choc après la levée du bouclier tarifaire

Ainsi, il est désormais acté que le gouvernement retirera le “bouclier tarifaire” qui, ces dernières années, a protégé les consommateurs des hausses des coûts de l’énergie. Si, en 2024 encore comme l’an passé, le prix du gaz payé par les ménages luxembourgeois n’augmentera pas de plus de + 15% par rapport à sa valeur de septembre 2022, que l’électricité ne subira pas d’augmentation et les tarifs du mazout de chauffage bénéficieront encore d’un rabais étatique de 15 centimes d’euro par litre, tout cela s’achèvera au 1er janvier 2025.

Il s’agit là de l’application d’une règle fixée par l’Europe et que le pays se doit de tenir. Mais l’impact sur le budget des ménages et l’inflation à venir pourrait être lourd si aucune mesure compensatoire n’était prise.

Ainsi, le Statec estime que la facture pourrait grimper de +17 % pour le gaz et +60 % pour l’électricité en 2025 (à défaut de nouveaux dispositifs). OGBL et LCGB ont déjà réclamé la poursuite des mesures de protection, Gilles Roth n’a rien confirmé sur ce point. Les paroles s’envolent, les écrits restent et les silences… pèsent parfois.

 

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