Ajouter des voies au Nord (2×3 au final), bâtir un contournement en amont de Thionville : le débat sur les solutions pour rendre l’A31 “roulable” fait actuellement l’objet d’une vaste concertation. Une série de rencontres et de débats dont le terme est fixé au 2 février prochain, ensuite il appartiendra à l’Etat de trancher pour telle ou telle solution.

Et au fil des réunions, la réalité (l’enfer?) des frontaliers se traduit en chiffres. Pas une sensation mais des statistiques officielles, des comptages fiables, des données qui font froid dans le dos.

Bouchée dès… 5h24

Le bon créneau pour emprunter l’A31 sans risquer le bouchon? Il n’y en a plus guère… A étudier le trafic en septembre 2022, les fonctionnaires de la Direction interdépartementale des routes de l’Est (Direst) ont pu le constater : Entre 5h24 et 10h18, l’A31 était “congestionnée”. Cinq heures donc, en plein rush, où il est impossible de bénéficier d’une vitesse de circulation digne d’une autoroute.

Ainsi, les experts de la DREAL ont calculé qu’en semaine, la vitesse moyenne de circulation était de moins de 50 km/h. Précisément 48 km/ et juste sur la portion Thionville/Luxembourg-ville.

Enfin, ça c’est valable le matin. Encore faut-il que les navetteurs rentrent chez eux une fois la journée de travail. Dans le sens Sud-Nord, guère d’amélioration, l’A31 étant le plus souvent “congestionnée” cette fois de 14h54 à 20h12.

Toujours plus

Attractivité du Luxembourg oblige, le nombre de frontaliers lorrains à faire le mouvement pendulaire ne va pas diminuer de sitôt. Et l’A31 de devoir absorber autant que possible la plupart de ces néo-navetteurs qui pour près de 80% circulent en voiture.

De 2005 à 2030, le nombre de “Boss’o’Lux” aura ainsi doublé, pour atteindre possible les 100.000 d’ici sept ans sur le Nord Lorrain…

 

A cette hausse, il faut également ajouter la probable augmentation du flux de poids-lourds. Bref d'ici 2030, les spécialistes estiment que plus de 100 400 véhicules se présenteront chaque jour à la frontière de l'A31 et de l'A3. Soit +61% par rapport à 2018...

Des places dans le train ?

Dans les discours, l'idéal serait un report des automobilistes et passagers vers les modes de transports en commun mis en place. Si les lignes de bus RGTR offrent encore nombre de places disponibles, voilà longtemps que navettes CFL ou TER affichent complets. Quand elles circulent...

Car celles et ceux qui souhaiteraient se soustraire à la galère de l'A31 savent qu'ils ne trouveront pas mieux côté rail actuellement. Sur le papier, aujourd'hui, 12.000 places assises et debout sont proposées aux jours de pointe. Mais dans la réalité entre retards ou annulations, pas simple de ne pas tomber sur des rames bondées. En septembre, 1 train sur 5 (22%) a été victime de perturbations, et ce n'était pas le pire des mois...

D'ici 2030, la Région Grand Est promet d'avoir remonté ses capacités de liaison Lorraine-Luxembourg à 20-22.000 places/jour. De quoi au mieux assurer un report de 16% du trafic routier vers le rail, pas plus.

+ de voies mais... + de temps

Qu'on ne s'y trompe pas : le passage à 2x3 voies de l'A31 du nord de Thionville à la frontière ne résoudra pas d'un coup de pelleteuse les bouchons des matins et soirs. La Dreal a fait ses calculs en faisant des projections sur les temps de parcours 2030.

Quand il fallait 25 minutes (en moyenne) pour relier Richemont à la frontière en 2018, il en faudrait 36' douze ans plus tard le matin. Pour le retour, les compteurs affichent 21 aujourd'hui, de l'ordre de 29 en 2030.

Sachant que l'élargissement n'empêchera pas certaines portions, en heures de pointe, de plafonner sous les 30 km/h de vitesse de circulation. Pas mal pour une autoroute, voulue à péage à l'avenir même...

Etat du trafic en direct et webcam sur le réseau autoroutiers à retrouver dans notre rubrique TRAFIC

 

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