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Vincent, jeune banquier précaire : “les choses sont moins faciles, pour ceux de ma génération”

A quelques semaines de la fin de son CDD, ce jeune Messin attend d’être fixé sur son sort. Si sa banque ne veut plus de lui, il est prêt à tenter sa chance à New York, Londres ou Sidney.

Vincent (25 ans) est originaire de Freyming Merlebach. Il travaille en CDD depuis août 2016, dans une banque spécialisée dans la gestion de fonds. Il vit à Metz et met 1h15 en moyenne pour se rendre à son travail, quand tout va bien.

Il songe donc à venir s’installer au Luxembourg, en collocation : idéalement dans la capitale, et non dans des petites villes excentrées comme Esch ou Bettembourg, qu’il considère comme mortes le soir... Cependant, son salaire actuel de junior, 2.300 euros net environ, ne lui permet pas de réaliser un tel projet aujourd’hui.

Prêt à tenter l’aventure

Changer de pays ne lui fait pas peur. Il est même prêt à tenter l’aventure beaucoup plus loin. Durant ses études, il a déjà effectué plusieurs stages dans une banque américaine, au Grand-Duché. Aussi, il se voit bien partir pour New York, Londres ou Sidney, pour perfectionner ses connaissances linguistiques et acquérir une expérience du métier et de la culture anglo-saxonne, qu’il pourrait ensuite valoriser après son retour en France.

Sa banque n’offre pas ce genre d’opportunité. Son poste actuel ? Il le décrit comme un job de simple junior : il enregistre les ordres de ventes et d’achats des fonds, gère la relation client... Des activités qui entrent un peu dans le cadre de sa formation initiale dans le secteur bancaire : “On obéit au client. Il nous donne ses instructions, et nous on suit. J’administre les commandes, je les encode dans le système informatique de la banque, mais je ne prends pas de décisions. C’est aussi simple que cela, il n’y a rien de bien transcendant, précise-t-il. Il faut juste être précis, faire attention aux détails, et ne pas se tromper dans les montants, les devises, ou les dates de valeurs”.

Souvenirs de galère

Il apprécie l’équipe avec laquelle il travaille : “La plupart ont la trentaine. Ce sont des gens avec qui je me sens assez proche et avec qui on peut bien rigoler. Ce qui est quand même toujours mieux, que de se retrouver dans des ambiances un peu plus difficiles”.

Sur ce point, il garde un mauvais souvenir d’une expérience professionnelle antérieure, vécue dans une banque de détail à Forbach : “Les clients étaient difficiles, les commerciaux nous mettaient la pression et le management était peu compétent. À la moindre erreur, on nous criait dessus. Les gens préféraient critiquer et pratiquer la rétention d’information : c’était plutôt chacun pour soi. La collaboration et la communication, ce n’étaient pas leur truc... J’y ai donc passé deux années qui ont été très compliquées, se souvient-il. Du coup : quand je vois dans ma société des gens qui viennent du monde entier, et qui sont plus ouverts, avec un bon esprit d’équipe et qui travaillent de façon plus intelligente... Cela a changé ma vie et c’est beaucoup mieux ainsi”.

Pas encore fixé sur son sort

Son contrat prendra cependant fin en juin. Il souhaiterait rester dans la banque, mais il n’a toujours pas reçu de nouvelles de ses supérieurs à ce sujet. Il a donc commencé à envoyer des CV, à droite à gauche, privilégiant avant tout les établissements où des amis et des anciens camarades de classe ont été récemment embauchés, bien souvent sous le même régime de la précarité : “Ils ont peut-être besoin de juniors : pour le moment, je me concentre donc sur cette piste”, justifie-t-il.

Pour avoir vu son père faire toute sa carrière au Luxembourg, il sait que les temps ont bien changé : “J’ai souvenir qu’il faisait plus de 60 heures par semaines. On ne le voyait presque pas à la maison. À l’époque, on embauchait à tour de bras, on faisait des heures sup’ à n’en plus pouvoir. C’était l’eldorado ! Aujourd’hui, les choses sont moins faciles pour les gens de ma génération”.

L’échéance se rapproche, mais il ne s’inquiète pas pour autant. Il pense que cela prendra certainement plus de temps que prévu, pour retrouver un autre emploi, ne serait-ce qu’en CDD. Il sait qu’il décrochera un jour un CDI dans sa branche. Et si cela ne marche pas, il est prêt à s’orienter dans un autre domaine.

 

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