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Emploi

La « freelancisation », nouveau challenge pour les RH

Au Luxembourg, de plus en plus d’entreprises font appel à des prestataires externes qui leur garantissent une réelle expertise à un coût mesuré. Cette nouvelle donne constitue une véritable révolution pour les responsables RH qui doivent apprendre à gérer autrement ces talents qui ont cassé tout lien de subordination avec l’entreprise qu’ils servent.

Publié par Romain S. le 22/02/2019 | 1.376 vues

Les entreprises apprécient également la réactivité et la flexibilité des travailleurs freelances, dans un monde où ces qualités sont devenues essentielles.

On le sait, le Luxembourg est un pays qui connaît une incroyable croissance depuis quelques décennies. L’emploi est évidemment un marqueur clair de cette situation : entre 1995 et 2018, le nombre de travailleurs au Grand-Duché a doublé, passant de 215.500 à 432.300. Le travail indépendant contribue à cette croissance.

Si le nombre d’indépendants a chuté de manière très importante entre 1960 et 1990, cette catégorie de travailleurs a en effet gonflé depuis lors. Ils sont passés d’environ 17.000 à 20.900 en 2010, pour arriver aujourd’hui à environ 30.000 indépendants, en comptant les non-résidents qui ont leur activité au Luxembourg.

Un freelance, qu’est-ce que c’est ?

Parmi eux, il est difficile de savoir combien sont des freelances. Aucun chiffre n’existe à ce sujet au Luxembourg. Et pour cause : il est assez complexe de définir ce qu’est un freelance. Au final, il s’agit avant tout d’un indépendant qui travaille seul.

Par contre, en France, il semble que la catégorie ait pu être isolée. Des statistiques existent en effet quant à l’augmentation du nombre de freelances dans le pays.

Ainsi, l’Hexagone compte aujourd’hui 2,3 millions d’indépendants, dont 830.000 freelances. Un chiffre qui a doublé en l’espace de 10 ans et qui pourrait continuer à croître. En effet, selon une étude récente de l’IPSOS, 49 % des Français seraient concernés ou intéressés par uneactivité professionnelle indépendante.

Pourquoi plus aujourd’hui qu’avant ?

Mais comment peut-on expliquer cet engouement actuel pour le travail en tant que freelance ?

Du côté des entreprises d’abord, l’intérêt est clair. Les freelances offrent la plupart du temps des compétences de niche, dont les entreprises n’ont le plus souvent besoin que de manière
ponctuelle (traducteurs, illustrateurs, graphistes, développeurs, etc.).

Pour elles, il est donc plus rentable de confier les missions ponctuelles qui demandent ce type d’expertise à des travailleurs externes qui ont un statut d’indépendant, plutôt que d’engager des employés qu’il faudra occuper autrement une fois ces tâches terminées, et qui coûteront plus cher en charges.

Ce facteur économique explique seulement en partie le phénomène croissant de « freelancisation » que nous vivons. En effet, les entreprises apprécient également la réactivité et la flexibilité des travailleurs freelances, dans un monde où ces qualités sont devenues essentielles.

Du côté des travailleurs, ensuite, le statut de freelance semble séduire pour plusieurs raisons, dont la première est sans doute l’indépendance, l’absence d’un rapport de subordination avec un employeur.

Les freelances peuvent ainsi choisir leurs clients, leurs horaires, leur lieu de travail, etc. Cela dit, les travailleurs indépendants reconnaissent aussi – pour certains d’entre eux en tout cas – que leur statut de freelance leur permet de gagner plus d’argent.

Nommer un Chief Freelance Officer

Dans la mesure où de nombreuses entreprises vont être amenées à travailler avec des freelances, les services RH doivent dès aujourd’hui s’habituer à traiter avec cette catégorie relativement neuve de talents.

Pour ce faire, il est particulièrement important de prendre en compte leurs besoins. En effet, avec l’augmentation de la concurrence pour les freelances disposant de certaines compétences, attirer les meilleurs profils demandera la mise en place d’une politique de recrutement adaptée et aussi soignée que celle dévolue aux salariés.

Pour de nombreux spécialistes du secteur, au-delà des envies professionnelles, il s’agira aussi de composer avec les attentes « générationnelles » de ces freelances.

Les nouvelles générations souhaitent en effet que leur travail ait du sens, qu’il porte des valeurs éthiques, de durabilité ou de convivialité. Et pas seulement qu’on leur propose une offre pour certaines prestations.

Pour faire face à cette nouvelle façon de travailler, un nouveau poste RH est en train de se créer : le Chief Freelance Officer.

Au fait des attentes des freelances, il aura pour rôle d’attirer les profils les plus compétents. Une manière de répondre à ce tout nouveau défi qui s’annonce pour les Ressources humaines.

Quentin Deuxant

(Article publié dans le numéro 93 d’Entreprises Magazine, Janvier/Février 2019.)

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