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Famille

Séverine, confinée avec deux ados et deux enfants !

Séverine est frontalière française. Sage femme, elle est maman de quatre filles. L'école à la maison durant le confinement a rythmé sa vie. Pour elle, ce fut une galère au quotidien. Etre professeur, ça ne s'improvise pas. 

Publié par Chrystelle Thévenot le 14/05/2020 | 1.927 vues

Les enfants décrochent, les parents s’accrochent !

Au début du confinement, la vie de famille chez Séverine, 48 ans était plutôt idyllique.

Sage-femme à plein temps au Luxembourg, elle a dû arrêter son activité professionnelle provisoirement, à l’annonce du confinement fin mars : « Avec quatre enfants à gérer, j’ai fait le choix de m’occuper de l’école à la maison durant cette période. Entre les cours par visioconférence pour mes deux adolescentes et les leçons pour les plus jeunes, je n’ai pas vu le temps passer. Honnêtement, motiver tout le monde, ça n’a pas été une partie de plaisir. Les enfants ont vite décroché et moi, je me suis vite accrochée. » déclare-t-elle.

Elle aura tenté durant ce confinement la continuité pédagogique…tant bien que mal.

Une première semaine de rêve ! 

« La première semaine de confinement, c’était génial parce que nous étions tous très heureux d’être ensemble » se souvient-elle. Deux mois plus tard, à quelques jours de la reprise des cours pour les plus jeunes, cette sage-femme, mère de deux jumelles de 9 ans, et deux adolescentes de 16 et 18 ans est plutôt ravie : « Etre enseignant, c’est un métier » exprime-t-elle. L’école à la maison, ce fut, pour la jeune femme, une mauvaise expérience.

Des adolescentes qui ont perdu la motivation

Séverine pensait que pour les cours de ses deux adolescentes, seraient plus faciles. Mais finalement, ce fut, selon elle, un cauchemar : « Cela fait plus de 25 ans que j’ai passé mon baccalauréat. Je pensais pouvoir m’en sortir et aider mes deux filles. Ce ne fut clairement pas le cas » reprend-t-elle.

Trop éloignée du système scolaire actuel, cette maman s’est transformée très rapidement en « gendarme » tentant de garder un semblant de rythme de travail et de vie scolaire : « J’avais mis en place quelques règles. On se levait tôt, les déjeuners étaient pris à la même heure et les après-midis studieux. Pour clôturer la journée, on faisait tous un peu de sport. L’organisation de la famille semblait plutôt bien partie » poursuit-elle. Ca, c’était au début du confinement !

Les deux adolescentes ont très tôt perdu la motivation, se couchant de plus en plus tard, le nez collé au portable avec leurs copines. Pour les devoirs en visioconférence avec les professeurs, ils ont été vite expédiés : « Au début, tu t’armes d’une grande psychologie. Comme beaucoup de parents, avec le temps, tu perds patience » souligne-t-elle précisant qu’au bout de deux mois, elle commence à se sentir « fatiguée moralement. Tu as juste envie d’abandonner pour éviter les cris et les pleurs ».

En classe, les jeunes sont au sein d’un groupe : même s’ils ont des difficultés, ils ont des copains, une place sociale, tandis qu’à la maison ils sont seuls face à leur échec, ce qui peut accélérer le décrochage. « Mes filles ont rapidement décroché » s’alarme Séverine. En juin, ses deux adolescentes devaient repartir au lycée. Mais l’échéance de ce retour n’étant pas certain, elles n’ont plus vraiment d’objectif à atteindre. « Il faudra encore tenir jusqu’à la rentrée de septembre. La galère pour moi n’est pas finie »

« Continuité de l’apprentissage est illusoire »

Rebecca et Sofia, les deux jumelles de 9 ans sont en classe de CM1. Même si les enseignants ont gardé un lien avec leurs élèves : « On a été bombardé de messages par la maîtresse dès le premier jour avec l’ensemble des consignes à suivre. Tu prends vite peur devant la situation. Clairement, les cours sont envoyés mais les parents font le reste. Il est impossible de laisser des enfants de 9 ans faire des devoirs seuls. La continuité des apprentissages est illusoire. Honnêtement, durant ce confinement, nous devons parler avant tout de la continuité du lien social mais c’est tout » explique Séverine.

Bilan après deux mois : cette jeune maman a fait l’amer constat qu’elle a « navigué à vue » durant cette période. Depuis lundi 11 mai, ses deux plus jeunes filles ont repris le chemin de l’école «  Elles sont profondément heureuses de retrouver l’école, la maîtresse, les amis, le travail, la cantine, la récréation….Et moi aussi ».

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