icon recherche
Mobilité

Au Luxembourg, l’attrait pour le covoiturage ne décolle pas

Les ministres de la Mobilité et de la Grande Région ont dévoilé quelques chiffres quant à l’utilisation du « Uber luxembourgeois ». Copilote compte à ce jour un peu plus de 4.000 inscrits.

Publié par Romain S. le 30/01/2019 | 741 vues

Alors que près de 200.000 frontaliers arrivent chaque jour au Luxembourg, seulement 2.200 trajets sont proposés chaque semaine sur Copilote.

Il n’est pas nécessaire d’attendre les jours d’enneigement pour perdre patience en se dirigeant vers le Luxembourg. Tout le monde a bien conscience que les capacités actuelles allouées aux transports, routier au ferroviaire, sont largement dépassées par l’afflux de navetteurs.

Lire : 70 % des futurs frontaliers arriveraient de France

Souhaitant aborder le thème de la mobilité transfrontalière via une question la Chambre des députés, le député Marc Georgen ne s’y était pas trompé, en décembre dernier, en désignant des conditions de déplacement « de plus en plus dramatiques ». Ni d’ailleurs en soulignant la « dimension internationale » que prend la problématique.

Une qualification qui fait écho aux propos tenus par le maire de Terville et responsable des activités transfrontalières, Patrick Luxembourger. Ce dernier avait en effet appelé la France et le Luxembourg « à rétablir le dialogue et la considération entre les deux pays ».

2.200 trajets par semaine sur CoPilote

Dans sa stratégie pour une mobilité durable, intitulée Modu 2.0, le Grand-Duché se fixe le développement du covoiturage comme un objectif majeur.

Lire : L’ambitieux plan de mobilité du Grand-Duché

Ainsi M.Georgen souhaitait se renseigner quant à l’engouement à propos de la plateforme de covoiturage luxembourgeoise, lancée en mai 2018, Copilote.

Dans une réponse conjointe datée du 29 janvier, les ministres de la Mobilité et des Travaux publics et de la Grande Région, respectivement François Bausch et Corinne Cahen, ont livré quelques chiffres.

Il s’avère que Copilote compte environ 4.239 utilisateurs inscrits à ce jour, un chiffre stable depuis septembre dernier. 2.200 trajets en moyenne sont par ailleurs proposés chaque semaine sur le réseau.

Lire : Population, salaires… La Grande Région en chiffres

Un premier bilan qui peut paraître assez modeste compte tenu des ambitions gouvernementales en la matière et du nombre d’automobilistes. Qui plus est pour un pays qui dénombre près de 200.000 frontaliers et la densité de voitures par habitant la plus élevée d’Europe.

L’Etat souhaite d’ailleurs optimiser l’application et rappelle qu’une voie sera, à terme, réservée aux véhicules abritant au moins 3 occupants.

En outre, les élus informent que maintenance et communication destinée à promouvoir Copilote reviendront à près de 440.000 euros.

Respect du RGPD

Mme Cahen et M. Bausch se sont, en revanche, montrés beaucoup plus laconiques quant à l’évocation « de mesures concrètes » visant à l’approfondissement de la coopération transfrontalière.

Citant la convention franco-luxembourgeoise signée en mars 2018 et les mesures qu’elle prévoit, ils ont précisé que le dialogue transfrontalier a lieu à « deux niveaux complémentaires » et que « la question des infrastructures de transport est le plus souvent traitée au niveau bilatéral entre le Luxembourg et ses voisins. »

Lire : Patrick Luxembourger : « L’accord franco-luxembourgeois ? C’est le vide. Il n’y a rien »

Enfin, M. Georgen s’interrogeait quant à la protection des données des usagers de Copilote et leur réutilisation. Les ministres lui ont confirmé que l’application était conforme au RGPD européen.

Les informations sont ainsi récoltées par la société ECOLUTIS, laquelle travaille pour le compte du ministère de M. Bausch.

Lire : Le RGPD, un sac de nœud trop tardif

Ailleurs sur le web