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Emploi

Mélina, marketeuse : « A la base, mon but, c’était la France »

De sa Chine natale, après un détour par la France, la trentenaire a fini par atterrir au Grand-Duché. Avec la ferme envie de s’investir et de s’y épanouir.

Publié par Romain S. le 25/01/2019 | Mis à jour le 27/01/2019 | 1.191 vues
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Quelques mois après son arrivée, Mélina parle déjà quelques mots de luxembourgeois. "Je trouve normal qu’en s’installant quelque part, on puisse discuter dans le même langage que les résidents."

Il y a des frontaliers qui arrivent de loin. Sans parler de villes moyennes à distance de la frontière ou de petites bourgades reculées de la Moselle ou de la province du Luxembourg voisines. Non, cette fois, il faut regarder bien plus à l’Est, sur les terres du Géant qui sommeille, où Mélina a pour la première fois ouvert les yeux.

Là-bas, en Chine, la petite fille qu’elle est à l’époque suit le cursus traditionnel, au cours duquel elle assimile le français. « La France jouit d’une image très attractive en Chine. Elle est assimilée à Paris, au luxe, au romantisme etc. Tous les clichés connus. Malheureusement, il y a la réputation et la réalité, sourit la jeune femme. A la base, mon but, c’était la France. »

« Pays cosmopolite, environnement tranquille »

C’est avec un certain recul qu’elle a pu se forger une opinion. Voilà en effet près de trois printemps que cette vagabonde dans l’âme a posé sacs et valises en Europe, en France. Deux années durant, elle s’attèle à l’obtention d’un master de marketing.

Condition sine qua non à la validation des acquis, elle se met en quête d’un stage, en visant les grandes métropoles de préférence. « J’ai un profil “étranger”, les opportunités sont donc plus nombreuses dans les villes plus internationales », justifie-t-elle.

Alors qu’elle tergiverse entre Paris et Luxembourg, quelques séjours dans la Ville Lumière achève de la convaincre. « Disons que Paris, c’est bien pour visiter, pas pour y habiter. Je ne m’y sentais pas en sécurité. »

Aux antipodes de l’ultra-dynamisme parisien, le Grand-Duché remplit ses critères de sélection. « C’est un pays cosmopolite où je peux m’intégrer rapidement et l’environnement tranquille, propre, me plaît. »

Internationalisation des activités

Elle finit par décrocher une pige de six mois dans une boîte de la capitale, qui ne donne pas suite, faute de budget. Pas de quoi entamer la détermination de Mélina qui prospecte au pays, principalement sur internet.

Jusqu’à recevoir un coup de téléphone. « C’est la première société qui m’a contacté. Après deux entretiens, j’ai accepté. J’ai eu d’autres retours mais à quoi bon attendre ? De toute façon, c’était nouveau pour moi et j’avais envie de débuter ma carrière professionnelle. »

Elle prend ses marques en temps partiel d’abord, le temps de récupérer un permis de travail au Luxembourg. Son CDI débute juste avant les fêtes de fin d’année dernière.

« Collègues amicaux », dynamisme managérial et internationalisation des activités lui confèrent un environnement de travail à son goût.

« Apprendre une langue, c’est ouvrir une porte sur un nouveau monde »

Elle baragouine déjà quelques mots du dialecte local, appris d’elle-même. « Je trouve normal qu’en s’installant quelque part, on puisse discuter dans le même langage que les résidents. Et puis, les langues c’est aussi une passion. C’est comme ouvrir une porte sur un nouveau monde », commente la trentenaire.

Pour l’heure, occupant un appartement côté français, elle est tributaire des aléas des transports en commun. « Les retards, les suppressions, les changements à Bettembourg… Il fait froid, on en a marre mais on ne peut rien y faire. »

« Le prix du loyer est deux fois supérieur »

Un inconfort bientôt enterré puisque la future ex-frontalière s’est dégotée un logement au Grand-Duché à compter du mois de février. Un petit arrêt de train la séparera à l’avenir de son nouveau domicile et de son lieu de travail. « Le prix du loyer est plus de deux fois supérieur pour la même situation. Mais j’ai pesé le pour et le contre. J’aurais plus de temps les matins et les soirs pour me consacrer aux choses que j’aime. »

Alors qu’elle démarre avec une rémunération équivalente au salaire minimum qualifié, elle se remémore ses premiers dans le monde du travail chinois. « En Chine, je travaillais dans une entreprise qui payait plutôt bien ses salariés proportionnellement au niveau de vie. »

A la question de savoir si elle a des ambitions sur le long terme au Grand-Duché, pays où elle n’avait « jamais imaginé travailler à la base », elle ne fait pas de plan sur la comète. « Quand je commence quelque chose, j’ai envie de m’investir pleinement. Le but est d’acquérir une bonne expérience et puis on verra comment les choses évolueront par la suite. » Carpe diem.

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