Maintien du pouvoir d’achat : l’impôt sur le revenu a un rôle à jouer
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Fiscalité

Maintien du pouvoir d’achat : l’impôt sur le revenu a un rôle à jouer

Avec l'inflation, la hausse des salaires est importante pour maintenir le pouvoir d'achat des salariés. La CSL a fait ses petits calculs. Prenons un exemple pour bien comprendre sur un salarié célibataire qui gagne 50 000 euros brut par an. 

Publié par Edouard Trèfle le 09/06/2022
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Dans son dernier Econews du mois de juin 2022, la Chambre des salariés observe que le pouvoir monétaire des salaires est amoindri par la hausse généralisée des prix à la consommation. C’est pourquoi le système d’indexation automatique des salaires a été généralisé en 1975.

De même, avant l’intervention de l’ancien ministre des Finances Frieden, la législation fiscale prévoyait d’ajuster automatiquement le tarif de l’impôt sur le revenu à la variation constatée de l’indice des prix à la consommation. L’article 125 LIR a été abrogé en 2013, et ce tarif a officiellement été adapté à l’inflation pour la dernière fois en 2009.

Le fait que les salaires soient indexés mais non le tarif revient à prélever davantage d’impôt sans coup férir (« à froid »), cette dérive fiscale réduisant ainsi le pouvoir monétaire des salaires.

Un exemple avec un salaire annuel de 50 000 euros bruts

Prenons l’exemple d’un salaire annuel de 50 000 euros bruts d’un travailleur célibataire à temps plein (ce qui correspond à quelque 75% du salaire annuel brut moyen en 20211), soit 4 167 euros par mois. Si ce salaire brut est revalorisé une fois dans l’année à hauteur de 2,50%, pour compenser automatiquement l’inflation, le salaire après impôt ne progresse que d’1,75% et la réduction de la perte de pouvoir d’achat n’est donc pas intégrale.

La hausse après impôt est inférieure à la hausse du brut, du fait de la progression du revenu, mais surtout de l’imposition qui s’alourdit de 6,1% tandis que le CIS recule de 4,20%.

Classe 1 Avant la tranche indiciaire Après la tranche indiciaire en % ∆ en %
Brut 4 167,00 4 271,18 2,5%
Imposable 3 706,55 3 799,21 2,5%
Cote + solidarité 587 622,6 6,1%
CIS 43,49 41,68 -4,2%
Après impôt 3 163,04 3 218,29 1,75%

 

Si le tarif était adapté dans le même temps de 2,5% et en neutralisant l’effet négatif du CIS, la différence entre la progression du brut et celle après impôt serait due au fait que, le salaire progressant, il faut nécessairement payer une contribution fiscale supplémentaire par rapport à la situation de départ.

 

Classe 1 AVANT tranche indiciaire +2,5%

APRÈS tranche indiciaire +2,5% & tarif +2,5%

∆ en %

APRÈS tranche indiciaire +2,5% & tarif +2,5% sans CIS

 ∆ en %

Brut 4167 4271,18 2,5% 4271,18 2,5%
Imposable 3706,55 3799,21 2,5% 3799,21 2,5%
Cote + solidarité 587 602,3 2,6% 602,3 2,6%
CIS 43,49 41,68 -4,2%  
Après impôt 3163,04 3238,59 2,39% 3196,91 2,48%

 

L’adaptation du barème à l’inflation permettrait de maintenir la clé de répartition entre les revenus des ménages et ceux de l’État.

Chaque fois que le barème n’a pas été indexé, les seconds ont bénéficié d’un accroissement de leur part provenant du revenu national au détriment des premiers. Lorsque le barème est indexé en fonction du taux d’inflation sur une période donnée, la clé entre les premiers et les seconds est stabilisée.

 

La Chambre des salariés, une institution qui agit dans l’intérêt des salariés et des retraités.

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Tchantches22981
420 messages
Il y'a 6 mois

Ceci est connu et c'est le plus gros scandale de cette mascarade. Ca s'applique aussi aux bonus, augmentations diverses etc. Mais bizarrement, jamais aucun commentaire de qui que ce soit là-dessus. Je suppose que la plupart ne comprennent de toute façon rien. Et ce qui est encore plus étrange, c'est que le gouvernement trouve tout ce qu'il peut pour éviter (ou reporter) la prochaine tranche de juillet. Alors qu'il en serait le plus heureux bénéficiaire. En distribuant au passage une nouvelle baisse de l'impôt des sociétés pour ne pas emmerder la compétitivité, ce qu'il fait régulièrement depuis 2009. En réalité, dans cette triplette, le seul qui perd du pouvoir d'achat, c'est le salarié. Et visiblement, tout le monde s'en BLC.