Céline* sait ce que c’est d’être résidente luxembourgeoise. Lors de ses études à l’IFSI (Institut de Formation en Soins Infirmiers) de Thionville, cette jeune française s’est rapprochée de son conjoint qui habitait et travaillait au Grand-Duché. Elle a ensuite rapidement trouvé un poste dans un hôpital du pays, grâce à l’expérience acquise pendant ses stages et aux langues qu’elle maîtrisait : son emploi exigeait qu’elle parle et comprenne l’allemand, le français et le luxembourgeois, le reste, c’était du « bonus ».

« Le Luxembourg est beaucoup plus strict que la France sur la législation »

Seulement, peu à peu, le petit appartement au Grand-Duché est devenu difficile à payer. Le jeune couple a donc décidé d’habiter à la frontière et de devenir des travailleurs frontaliers.

Ce changement, n’a cependant pas apporté de grandes différences dans la vie de Céline : « si les maisons proches de la frontière restent chères, je ne regrette pas mon investissement. Pour le prix de la maison que j’ai actuellement j’aurais sans doute une vieille cabane au Luxembourg ! », déclare-t-elle avec humour.

Elle note par contre que « le Luxembourg est beaucoup plus strict que la France sur la législation. Si on a du retard sur une facture d’électricité, on vous coupait immédiatement » précise-t-elle. Elle ajoute aussi qu’elle se sentait plus en sécurité sur le territoire luxembourgeois : « On a laissé notre voiture avec les fenêtres ouverte en pleine soirée au centre-ville et rien n’a été volé, allez essayer en France ! ».

Céline gagne un salaire net de 3.300 à 3.600 € et bénéficie d’une augmentation tous les deux ans. Une situation qui lui convient, même si pour elle, il n’y a pas que des avantages au Grand-Duché : « Je fais 5h de plus par semaine que si je travaillais en France, donc je suis moins présente pour ma famille », regrette-elle. Mais l’infirmière relativise : « je regarde aussi moins ce que je dépense et achète sans exagérer ce qui me plait ».

Trop de Français tuent les Français

En tant qu’infirmière, Céline n’a pas de journée type et elle travaille de jour comme de nuit, avec des horaires chaque fois différents. Ce rythme irrégulier apporte pourtant un avantage, puisqu’elle peut se rendre à son travail sans subir quotidiennement les bouchons aux heures de pointe.

Côté ambiance, Céline constate qu’il n’est pas aisé de s’intégrer au Grand-Duché : « il est difficile de se faire une place dans l’équipe, car les Français ont une très mauvaise image au Luxembourg. On est réputé pour ne faire aucun effort pour apprendre la langue du pays dans lequel on travaille. On est souvent en conflit avec les collègues luxembourgeois ». Cela dit, les langues ne sont pas un problème pour elle et on la prend même parfois pour une Luxembourgeoise !

A.G.

*Le prénom a été modifié